Le vent du changement
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La scène se déroule en début d'après-midi, dans l'installation 3649/018 de la CMO.
Le docteur Joseph Pira vient de rentrer dans un bureau moderne et décoré avec goût. Au fond de la pièce se trouve un bureau couvert de dossiers derrière lequel une femme en tailleur noir signe des documents portant le sigle de la CMO. Le docteur est en chemise blanche et jean en dessous d’une blouse blanche de laboratoire ouverte, elle-aussi estampillée du sceau de la CMO.
Il entre dans le bureau d'un pas hésitant. La femme lui jette un regard quand il entre dans la pièce et range ses documents en une pile de dossier sur le côté du bureau.

- "Ah, docteur, asseyez-vous il faut que l'on discute."

- "Bonjour madame la directrice, si c'est à propos de ce cobaye hier matin, nous sommes tous terriblement désolés, je vous promets que nous rassembleront les morceaux et que les protocoles de sécurité sur ce prototype sont maintenant presque au point" répondit le docteur d'un ton précipité qui trahissait plus une excitation vis à vis du prototype en question qu'un réel regret concernant l'accident

-"Les dégâts collatéraux des expériences de votre département seront l'objet d'une future convocation, enfin s’il y a lieu." soupira la directrice avec un petit sourire
"Vous êtes assigné à une nouvelle mission 13469587. Ce matin à 6h04, l'équipe d'intervention PHYSICS /7061 a commencé une intervention sur le site Belar. Objectif, l'élimination d'une paramenace en développement avant qu'elle ne soit dangereuse. Cependant …"

- "Vous avez envoyé les forces spéciales exécuter un adolescent ? Ils ne sont pas des paramenaces, leurs anomalies peuvent être neutralisés sans violence, c'était même pour ça que la Coalition m'a recruté !" l'interrompit furieusement le docteur

- "Si vous élevez encore le ton, je vous fais muter au Centre de recherche 833 comme sujet de test. Ne m'interrompez plus. C'est compris ?" répliqua son interlocutrice d'une voix calme.
Le docteur acquiesça du chef, conscient d'avoir franchi une limite.
"Bien. La raison de votre convocation est la suivante : comme vous l'avez soulevé, vous avez travaillé sur ces paramenaces humanoïdes pendant suffisamment longtemps pour qu'ils vous fassent confiance. Servez-vous de cette confiance pour approcher l'anomalie Belar-03 et éliminez cette paramenace."

- "Vous m'envoyez assassiner une enfant ?"s'indigna le docteur "Je vous rappelle que je suis chercheur pas Agent PHYSICS, mon travail est de faire des calculs et de fabriquer des prototypes pas d'aller affronter une adolescente complètement instable qui a décimé une équipe d'intervention à elle seule !"

- "Merci de m'avoir fait penser à changer votre matricule, Agent." l'interrompit la femme qui lui faisait face
"Vous êtes maintenant 13469587/7018, félicitations Agent"

- "Vous êtes sérieuse directrice ? Vous me retirez mon titre de Docteur pour m'envoyer sur le terrain ?" répondit-il abasourdi

- "Je suis toujours sérieuse, Agent. Tant que vous n'avez pas mené à bien cette opération, toutes vos accréditations et crédits sont gelés." rétorqua son interlocutrice

- "Si l'anomalie a pris le pas, elle n'a strictement aucun contrôle sur les évènements anormaux qu'elle génère. Je n'ai aucune chance de réussir et vous le savez … Si l'anomalie de Lucile…" le scientifique s'interrompit dans sa phrase
"de Belar-03 a atteint son plein potentiel, c'est un régiment complet qu'il faut envoyer. On était une dizaine de chercheurs sur le projet, pourquoi m'envoyer moi au casse-pipe."

Un silence de quelques secondes s'ensuivit

- "Votre domicile a été fouillé Agent" dit lentement la directrice.

- " Je vous où vous allez en venir. L'enregistreur posé sur mon bureau. Vous êtes des monstres." répliqua l'ex-docteur. "Cela ne changera rien si, comme vous le pensez, l'anomalie s'est transformée en paramenace et qu’elle a perdu tout contrôle."

- "Quel que soit le résultat de votre mission, nous gagnerons du temps." éluda-t-elle "En plus du carnage, l'opération a attiré l'attention des médias français. Une brutale dépressurisation d'un hôpital, c'est peu commun. Une nouvelle frappe même chirurgicale nous exposerait à trop de risques d'être découverts. Un officier de PTOLÉMÉE vous fournira les résultats de la traque réalisée par notre réseau."

"Vous pouvez disposer, vous serez déposé à environ 1 km du dernier endroit où la menace a été aperçue. Départ dans vingt minutes. Profitez en pour récupérer vos affaires." décréta sèchement la directrice.

- "Puis-je au moins dire au revoir à mes collègues ?" demanda le docteur déchu

- "Négatif, ils doivent expérimenter sur les moyens de contrer la paramenace Belar-03. Ils ont commencé les tests au laboratoire 436 il y a une heure et votre nouveau grade ne vous autorise pas l'accès à ce laboratoire." lui répondit la directrice, en reprenant son stylo et l'imposante pile de dossiers

-"Bien madame. Autre chose ?" déclara Joseph d'un ton amer

-"Oui, simple curiosité, ce que vous dites sur ce fameux enregistrement" elle sortit un enregistreur vocal semblable à ceux utilisés lors des rapports d'expérience "Étiez-vous sérieux ?"

- "Oui. Mais c'est du passé. Son anomalie ne s'est pas résorbée même après que nous avons réussi à la stabiliser." répondit l'ancien docteur.

- "Vous pouvez disposer. " lança la directrice d'une voix sèche
"Et fermez bien la porte en partant." ajouta-t-elle, retournant à ses dossiers.


La mort dans l'âme, l'ex-docteur Pira se dirigea vers le laboratoire. Il passa la porte au moment ou des laborantins déplaçaient des cuves de n-propanol.
Il leur jeta un regard en coin et continua sa progression jusqu'à sa paillasse. À part lui, le laboratoire était désert. Comme annoncé. Il exerça une légère pression sur le coin droit de son clavier d'ordinateur, un compartiment caché s'y ouvrit et il y récupéra un minuscule lecteur MP3. Il soupesa l'objet, comme s’il hésitait à l'emporter avant de se décider et de le fourrer dans sa poche.
Attrapant son bloc-notes, il en déchira une page et laissa la note suivante : "C'était un plaisir de travailler avec vous. Désolé Nakamuri, je crois que tu vas devoir t'occuper de mon chat plus longtemps que prévu. Adieu, Docteur Joseph Pira, votre ami à tous."

Une fois ce mot glissé sous le clavier de l'ordinateur du Docteur Nakamuri Hodei, il retourna à la porte d'entrée. Les laborantins ayant fini leur office et la porte s'était refermée. Le passage de son badge de sécurité sur le lecteur de carte n'eut pas l'effet escompté. Au lieu de l'ouverture habituelle, une sirène stridente se mit à hurler et de lourds volets de titanes vinrent sceller les fenêtres. Moins de trente secondes plus tard, les forces de sécurité, armes automatiques à l'épaule entraient dans la salle, une minute plus tard, l'ancien docteur était sorti manu militari du département de recherche. La directrice n'a pas chômé pensa-t-il, elle avait déjà dû le rétrograder comme agent de terrain, lui qui ne pouvait pas faire une seule pompe sans s'effondrer exsangue. Quelle espèce de sale …
Il fut tiré de sa tirade peu bienveillante à l'encontre de la directrice quand un Véhicule Blindé Léger aux couleurs de la CMO s'arrêta devant lui.

-"13469587/7018 ? La directrice avait dit qu'on vous trouverait par ici mais je ne m’attendais pas à ce que vous ressembliez à … ça" lui dit le chauffeur du véhicule avec un fort accent américain "Enfin, si vous êtes si bon que ça, peut être que la surprise y joue un rôle. Je vais vous amener à l’héliport, montez Monsieur."

- "De quoi parlez-vous ? savez-vous qui je suis ?" lui répondit le docteur interloqué, tout en montant à l'arrière du véhicule

- " Non, monsieur, pas du tout, juste qu'étant donné les dégâts que cette saleté a fait à une équipe d'intervention au complet, les gars et moi avons conclu que vous devez être un de ces agents d'élite, le genre qui dit rien et est capable de broyer des crânes. Mais vous ne ressemblez pas trop à ça. Quoique je m'y connais pas là-dedans moi." déblatéra le chauffeur "moi c'est Agent Mitch, équipe d'intervention PHYSICS /7921 "La Cavalerie" on pensait que ça serait nous les prochains à y aller mais bon vous savez ce que c'est la "nécessite d'être discret" et tous ces trucs de bureaucrate. Apparemment, ce truc dérègle la pression de l'air autour de lui. Vous imaginez, vous allez l'abattre et là PAF vous poumons explosent. Heureusement que c'est vous qui vous y collez quand même, parce que les intellos bossent encore sur des contre-mesures. Quel gâchis d'argent, moi je dis on ferait mieux d'acheter plus de bombardiers et de véhicules lourds. T’es pas d'accord collègue ?"

- "Non" déclara sommairement Pira, Aucun intérêt à lui dire la vérité, ça ne m'avancera en rien.

Cette réponse concise sembla refroidir le chauffeur qui se contenta de se plaindre à son "collègue", jusqu'à l'arrivée aux héliports de la base, du trop-plein de subtilité de la part des dirigeants de la Coalition et que "franchement, moi je dis, un bombardement de masse ça règlerait le problème".
Une fois arrivé, le nouvel agent fut conduit à un hélicoptère d'apparence civile où il retrouva un officier portant l'insigne distinctif du département PROMÉTHÉE, responsable de la logistique. Le vol commença immédiatement et celui-ci entama la conversation :

- " Bonjour Monsieur, je suis votre officier tactique, voilà le topo : la paramenace est à 1 km au Nord du site Belar, étant donné la quantité de média autour de l'endroit, et le raffut qu'y font leurs hélicos on va même pouvoir vous y poser. Cependant attention, avec tout ce chaos, la Fondation va certainement essayer de nous damer le pion. Eux non plus ne pourront pas envoyer d'équipe d'intervention lourde mais ça m'étonnerait pas qu'ils aient pas déjà des agents en civil un peu partout. Comme d'habitude, d'abord la cible, après le reste, l'élimination de Belar-03 reste votre priorité. Sauf si vous voyez des membres de la Main du Serpent, dans ce cas, procédure usuelle : réponse de catégorie 5, on bombarde la zone et on trouvera une explication après. " déclara l'officier "Voilà votre transpondeur en cas de contact avec eux"

- "Bien" répondit simplement le scientifique. Génial, donc en plus de tout ça je dois me battre contre d'autres paramenaces et des vrais agents des forces spéciales d'une organisation rivale // pensa-t-il //Je vais finir par me réveiller sur la table du réfectoire parce que Mallory a encore foutu des somnifères dans mon café à midi. Ça ne peut être que ça.

Il fut tiré de ses pensées par la voix de l'officier tactique qui peinait, même avec les casques facilitant la communication à outrepasser le bruit de l’hélicoptère :
- "Rappel de la paramenace monsieur : Belar-03 peut modifier la pression dans un rayon de 350 mètres autour de lui. Cette modification est anarchique, 03 ne la contrôle pas mais une sphère de rayon entre 5 et 10 mètres autour de l’anomalie ne subit aucune modification."
"Voilà votre matériel Monsieur : Uniforme Tactique modifié spécialement avec masque respiratoire et bouteilles miniaturisées pour 10 minutes d'approvisionnement en air, un traqueur cherchant les modifications anormales de pression de l'air afin de localiser l'anomalie."
L'ingénieur se pencha pour voir si l’"agent" avait l'air de comprendre quoi que ce soit "Je ne sais pas si vous comprenez tout mais en gros le point rouge sur la tablette c'est la cible. Ensuite …"

- "C'est moi qui ai inventé ce système de traque satellitaire grâce aux changements de vitesse de signaux unitaires envoyés par des satellites vers le sol pour détecter les avions furtifs de Groupes nocifs, merci de votre sollicitude." répondit sèchement Pira

- " Donc en plus d'être un agent d'élite spécialiste de l'élimination de paramenaces, vous êtes scientifique, chapeau bas monsieur." déclara l'officier de logistique, impressionné "D'habitude vous auriez simplement eu un HK-G36 lunette thermique, balles traçantes. Cependant, étant donné la nature de l'anomalie, il faudra être à portée de poing pour porter un coup, en effet, Belar-03 pourrait juste modifier la pression de l'air de manière anarchique ce qui rendra inefficace tout tir en dessous de 15 mètres. Bref, voici votre arme, une dague Jagdkommando. Avec ça toute blessure est fatale mais j'espère que le commandement vous a donné un plan pour que vous l'approchiez sans vous prendre une dépressurisation comme 7061."

- " Oui, ils l'ont fait, enfin je l'ai fait pour eux" rétorqua l'ex-docteur car je suis un imbécile sentimental doublé d'un blaireau qui ne sait pas cacher un objet dans son appartement

- " On arrive sur site, bonne chance Agent. On reste dans le coin on surveille des fois que des renforts de la Fondation débarquent" asséna le pilote.

Cette phrase fit l'effet d'un électrochoc sur Joseph qui se rendit compte brutalement de sa situation Je ne vais pas me réveiller comateux sur une paillasse à cause d'une blague douteuse. Je vais aller essayer d'assassiner une adolescente parce qu'elle me fait confiance et que j'ai été trop con pour cacher correctement un enregistrement. Le remords et la colère le prirent à la gorge.


Joseph descendit de l'hélicoptère avec son matériel, le fusil d'assaut dissimulé dans un grand sac passé en bandoulière sur son épaule droite, sa dague posée sur l'arme automatique dans le sac. Dans le chaos des hélicoptères des services de sécurité et des médias, il n'eut aucun problème à se fondre dans la masse.
Il attrapa la tablette. Le point rouge légendé "Belar-03" était immobile, un kilomètre plus au Nord. Il commença à marcher. Chaque pas lui semblait de plus en plus lourd, arrivé à 350 mètres de sa cible, l'air sembla se raréfier, rendant sa respiration extrêmement difficile. Il plaça le masque de sa tenue tactique sur son visage et enclencha le compresseur d'air. Elle ne contrôle plus rien, l'anomalie a pris le dessus. Je vais mourir étouffé avant même de pouvoir m'approcher …

Arrivé à environ 30 mètres de la position, la pression de l'air avait chuté drastiquement et, bien qu’il lui reste encore de l’air dans sa bouteille, son corps était sur le point de flancher.
Arrivé à 25 mètres, il vit une clairière qui semblait dégagée avec un vent circulaire tournant à la lisière des arbres.
Arrivé à cette bordure, la pression revint à la normale et il déconnecta le système respiratoire de sa combinaison. Il entendit alors deux voix en provenance du centre de la clairière mais toutes deux étaient trop basses pour qu’il ne les entende.
En se rapprochant encore, il les entendit de plus en plus clairement. Il décida de prendre dans sa main le lecteur MP3 récupéré plus tôt dans la journée. Quand il avait rejoint la Coalition, chaque fois qu'il avait besoin de motivation, il écoutait cette sauvegarde de l'enregistrement. Ce même enregistrement qui lui avait causé de se retrouver ici. Maintenant, à force de l’écouter, il le connaissait par cœur et juste tenir le lecteur lui permettait de se remémorer son contenu au moindre détail près.
Il revint aux voix de la clairière.
La première voix, il la connaissait très bien. C'était celle de Lucile, "Belar-03" comme l'appelait la CMO. Parmi tous les jeunes avec des anormalités latentes, c'était celle à qui il s'était le plus attaché. Elle lui rappelait sa jeunesse, son impétuosité. En l’entendant à nouveau, il regarda ses armes, toujours suspendues dans le sac au niveau de son flanc droit. Jamais il ne se le pardonnerait. Mais même s’il échouait volontairement, la Coalition aurait leur peau.
La seconde voix le tira de sa torpeur, c’était celle d’un vieillard, mais aucun vieillard normal n'aurait pu survivre à la tempête qui se déchaînait maintenant autour de la clairière.
Il risqua un coup d’œil sur le côté du tronc brisé qui lui servait de cachette de fortune.
Lucile était silencieuse, à genoux au centre de la clairière. La présence d'arbres arrachés et brisés de manière concentrique autour d'elle fit se dire à Pira que vraisemblablement, cette clairière n’existait pas la veille. L'individu à côté d'elle était grand, drapé dans des vêtements amples et portait une cape avec capuchon. Il était penché à son niveau et semblait lui parler à voix basse très rapidement. Sur la cape, un sigle : un arbre dont le tronc était un serpent. Merde. La Main du Serpent. Mon émetteur est au fond du sac, si je l’attrape, il va m'entendre À peine Joseph eut-il le temps de se faire cette remarque qu'une détonation retentit en même temps qu'un flash lumineux. Quelques secondes après, quand il eut retrouvé ses esprits, Pira vit deux hommes et une femme, armés seulement d'armes de poing braquer le vieillard. L'un des hommes cria alors "SCP-3███ au sol tout de suite, éloignez-vous de SCP- ████".
Ils ont un cran monstrueux. Ou alors ils sont complètement idiots. Les fameux agents de la Fondation en civil certainement
Le vieillard se redressa lentement et parla d'une voix grave mais sans animosité :

- " Rengainez vos armes et partez ; Votre mort n'est pas dans ma volonté ; Sauf si vous souhaitez me stopper ; alors je ne pourrai vous épargner."

À peine sa phrase terminée, Pira ne put retenir une exclamation de stupeur quand les racines situées sous ses pieds jaillirent du sol. Le vieillard se retourna vers lui et en l'espace d'un battement de cil, ces racines s'enroulèrent autour de sa cage thoracique et, avec la même fulgurance, les racines des autres arbres brisés firent de même avec les agents.
- " Un assassin de la Coalition ici ; dommage, vous m'en voyez fort marri" continua le vieil homme

- "Ici FIM-Delta-3-02, intervention échouée, présence de la Main du Serpent je répète intervention échouée, les deux SCP sont en libert…"l'agent fut interrompu par une racine qui commença à enserrer sa gorge

- " Qu'est-ce que la CMO fout là ?" demanda la femme agent pendant que les racines continuaient à se propager en immobilisant maintenant complètement les 3 agents et le scientifique infortuné.

- "Vient ici jeune enfant ; contempler ce manant ; sans relâche nous combattons le regroupement ; dont il est le représentant" déclama le vieillard

Lucile s'approcha du docteur Pira lentement. Et eut un sursaut de terreur en voyant son visage.

- "Pourquoi m'infligez-vous ça ?" cria-t-elle, le vent portant sa voix à des puissances humainement inatteignables "Le docteur Joseph Pira est mort il y a 4 ans, dans l'incendie de sa maison. J'ignore qui tu es usurpateur mais ta Coalition et toi souffrirez comme j'ai souffert."

La douleur était visible dans les yeux de la jeune fille, celle-ci alimentant une colère sourde qui se sentait aux changements brusques de pression de l'air, créant de puissants acouphènes.

- " C'est moi. Je l'ai fait pour te protéger. La CMO vous aurait tous tués si je ne les avais pas rejoint." murmura Pira, les lianes enserrant sa cage thoracique ne laissant passer par ses poumons qu’un mince filet d’air.
Joseph eut alors un réflexe salvateur. Le MP3 était toujours dans sa main, sans écouteurs. Il appuya sur Lecture.

Hors de la clairière, la tempête s'arrêta.
Lucile s'effondra au sol, en larmes.

- " Chère enfant, ne soit pas troublée par ce mécréant ; de ma main ou de la tienne, il mourra séant" dit le vieillard, déconcerté par cet évènement

- " Non" dit-elle " Je veux être sûre"

- " Puisqu'à te décider tu n’arrives pas ; je vais donc m'en charger pour toi" répondit-il

Les racines s'enfoncèrent dans la peau de Joseph, sa gorge étant compressée de plus en plus, ses poumons perdant l'air qu'il leur restait.

- "J'ai dit NON" avec la voix de Lucile revint la tempête. Cette fois ci, les vents balayèrent ce qui restait de la clairière ne laissant intacte qu’une sphère de quelques mètres de rayon autour d’elle. Les vents violents percutèrent le vieillard de plein fouet. "Je ne le perdrai pas à nouveau" Avec la chute du vieillard, les racines retombèrent au sol, inertes.

- " Ta décision déplorable condamne tes amis et toi ; mais ce temps ne sera pas celui de votre trépas ; ton choix me surprend et me laisse sans voix ; la bibliothèque saura ce qu'il faut faire de toi" après une nouvelle émergence de racines tout autour du vieillard le recouvrit. Quand elles se rétractèrent, il n’était plus là.

Lucile regarda avec appréhension le docteur et les agents. Deux minutes s'écoulèrent sans que les agents ne cessent de tenir le docteur et l'adolescente en joue. Finalement, Pira ayant repris son souffle, le dirigeant du groupe de la Fondation pris la parole :

- " Merci de votre aide SCP-████, nous en ferons mention dans notre rapport. Maintenant suivez nous sans faire d'histoire. Quant à vous, agent de la CMO, vous êtes le responsable de tout ça, donnez-moi une bonne raison de ne pas vous exécuter en mettant ça sur le dos de la Main du Serpent" déclara le chef de section

Avant même que Joseph ne puisse penser à une réponse, Lucile intervint :
- "Moi. Vous avez vu de quoi je suis capable. Laissez-le partir et je vous laisse partir."

- " En fait je pense que l'agent a raison" intervint le docteur Pira

- " Comment ça ?" Dirent en cœur Lucile et un agent de la Fondation, fusillé du regard par les autres

- "La CMO cherche l'élimination de l'anormal. J'ai essayé de travailler avec des méthodes de régression progressive mais à peine passé à un autre projet, la Coalition a envoyé une équipe d'intervention PHYSICS assassiner mes patients, avant de m'ordonner d'aller assassiner Lucile. En entrant dans la clairière, je me suis rendu compte que je n'y arriverai jamais. La meilleure solution pour nous deux est de disparaître. Sinon, la Coalition nous poursuivra jusqu'à ce qu'elle nous liquide, et je situe cet évènement dans moins de douze heures. Je ne connais que peu de choses de la Fondation mais le fait que la zone n'ait pas encore été oblitérée par un bombardier me prouve qu'ils traitent la vie avec plus de respect que la Coalition."

Il marqua une pause. Les agents et Lucile l'écoutaient

"Je dispose d'un dispositif d'alarme dans le cas de rencontre d'un membre de la Marque du Serpent. Dès que je l'activerai, nous aurons 1 minute avant qu'un bombardier ne détruise complètement la zone. Cela te fournira un scénario de couverture, la Coalition croira que nous sommes morts dans la frappe aérienne et tu pourras rejoindre la sécurité de la Fondation."

- " Je refuse de te laisser partir à nouveau" s'opposa Lucile, les vents reprenant de plus belle.

- " J'ai un compromis." intervint le chef d'escouade, "Nous sommes en liaison radio directe et, étant donnés vos états de service et vos actions, un Haut Gradé vient de proposer que vous passiez des tests afin de collaborer avec la Fondation. Si c'est la condition pour que SCP-████ ici présent accepte de nous suivre, le Directeur donne son accord formel"

-"Parfait, dépêchons nous" poursuivit Joseph "La Coalition ne va pas tarder."

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