Jidem

On va s’amuser.

Les Sacrifiables

D-513 fuyait à travers la tempête. Il courait comme jamais il n’avait courut, insensible à la pluie glacée qui transperçait son corps comme à la douleur grandissante qui envahissait ses jambes. Depuis combien de temps courrait il ainsi? Il ne s’en souvenait pas. Il n’arrivait pas à penser. Sa tête était emplie toute entière par les bénédictions sans cesse répétées à l’egard des merveilleuses coïncidences qui lui avait permis de s’évader. Il se perdait en remerciement fanatique pour cet ouragan miraculeux qui s’était abattu sur cette toute puissante Fondation et avait fait sauter ses plombs comme elle l’aurait fait de la plus banales des maisons, pour ce monstre nouvellement arrivé et qui avait mis la confusion là où régnait l’ordre, et même pour eux,ces tueurs en blouses blanches, les seuls êtres pourtant qu’il ait jamais haï, qui avaient cassé les générateurs de secours. Tous les générateurs. Ils avaient dû penser ceci comme une blague. Le fugitif se mis soudainement à rire, d’un rire rouillé et entrecoupé de respirations haletantes qui, au cœur de la tempête, résonnait comme celui d’un fantôme. Voilà une blague qu’ils ne risquaient pas d’oublier!
***
La voiture de course fonçait sur la route, bien au dessu des limites de vitesse. Elle pris un virage serré en dérapant, manqua de sorties de la route, et, aillant à peine retrouvé un semblant de stabilité, accéléra de plus belle. Sur le siège conducteur, Anna exultait. Ses mains sèches et squelettiques, couverte de pétéchies, s’enfonçaient dans le volant comme des serres, et un sourire carnassier déformait son visage ridé. Elle était trop vielle pour ça. Elle avait passé d’une bonne cinquantaine d’annés l’âge de foncer à tombeaux ouverts au milieu d’une tempête. Mais rien ni personne n’aurait pu l’en empêcher. Et d’aileurs, personne n’était au courant. Du coup, à chaque fois qu’une tempête se profilait dans le ciel, la vielle femme embarquait dans son engin de la mort et enfilait les routes au hasard, faisant flasher tout les radars sur son chemin, et se jusqu’à ce que l’orage cesse. C’était son secret. C’était sa liberté. C’était sa solitude. Pour rien au monde elle ne l’aurait partagée avec quelqu’un. Car ses moments magiques où elle était seule sous la pluie, où les éclairs étaient ses compagnons de route et le tonnerre sa musique de fond représentaient pour cette vielle dame qui avait rêvée enfant d’être une Walkyrie, les seuls où elle se sentait réellement vivante.

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