La tour de Wardenclyffe du Dr Tesla

Manuel Administratif, volume premier : l'organisation de la Branche Française

La Fondation est dirigée par le Conseil O5. En ne le considérant que comme une seule entité, celui-ci est à la fois Président, Premier Ministre et Parlement : garant de l'indépendance de la Fondation, il est aussi "chef du gouvernement" des Directeurs Généraux, en plus de voter les politiques globales régissant la Fondation.
Les Directeurs Généraux de Départements sont équivalents aux ministres : ils dirigent, selon leur compétences et à l'échelle globale, tout un champ d'action spécifique de la Fondation (sécurité, recherche…) et prennent leurs ordres directement du Conseil O5. Ce sont eux qui donnent leurs ordres aux Directeurs de Département de chaque Branche et aux Directeurs de Département Locaux, qui les représentent sur une installation donnée.
Les Directeurs de Sites peuvent être assimilables aux préfets et aux maires : ils représentent le Conseil O5 sur une installation donnée qu'ils ont à leur charge. Ils ont également sous leurs ordres les Directeurs de Département Locaux.

Le Comité d'Ethique est en quelque sorte le Conseil Constitutionnel de la Fondation : créé à la suite d'exactions commises peu de temps après la création de la Fondation, il vérifie que les décisions du Conseil O5 soient conformes à l'éthique, et possède un droit de veto si ce n'est pas le cas. En règle générale, il s'occupe à la fois de surveiller l'ensemble de la Fondation à toutes ses échelles et de conseiller les O5. Le Comité d'Ethique est un ministère indépendant, et ses membres ne peuvent pas y cumuler un siège avec une fonction de direction supérieure.


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Du fait de son rôle particulier, le Département Administratif n'est pas dirigé par une "Direction Générale de l'Administration". En effet, c'est le Conseil O5 qui remplit cette fonction, en établissant les grandes politiques de la Fondation, que le Département Administratif doit ensuite appliquer. Les Directeurs des différents bureaux du Département Administratif sont parmi les fonctionnaires les plus hauts placés et les plus influents de la Fondation.










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SCP-CUK-FR sous sa première version

Objet # : SCP-CUK-FR

Niveau de menace : Orange

Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales :

Description : SCP-CUK-FR est un médicament nommé « Padamalgam™ » commercialisé par les « Laboratoires Plouton-Latarque ». Ce médicament peut prendre différentes formes, comme des comprimés enrobés ou des gélules, mais semble toujours s'administrer par voie orale. Sa composition, outre des molécules spécifiques à la forme du médicament, ne semble pas changer selon la version commercialisée. Ci-dessous l'étiquette d'une boîte de « Padamalgam™ 150 mg » :

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Le principe actif, l' « amalgamol », est supposé être la substance donnant ses propriétés anormales au médicament. Toutefois, celle-ci reste indétectable malgré de nombreuses tentatives de la caractériser.

Les effets de SCP-CUK-FR apparaissent environ quinze minutes (15 min) après administration par voie orale. Ceux-ci se manifestent par :

  • la réduction ou la disparition totale de stigmatisation physique ou sociale de la part du sujet. Celui-ci devient incapable d'associer une réprobation sociale à un individu (ou groupe d'individu).
  • une diminution drastique de l'intensité du biais de représentativité, biais cognitif qui consiste à baser un jugement sur un nombre limité d'éléments d'une population, plutôt que sur les statistiques concernant cette population.
  • un ralentissement de l'inconscient forçant le sujet à émettre lui-même des raisonnements conscients, ce qui a pour effet de lui rendre visibles ses erreurs de raisonnement. Comme indiqué sur la notice, cet effet est plus efficace si le sujet connaît lesdites erreurs de raisonnement, comme les sophismes ou les paralogismes.

Tous ces effets combinés ont pour conséquence une diminution drastique de toute discrimination de la part du sujet.

Prenons un individu A quelconque — la discrimination existant dans tous les sens — et mettons le en face d'un sujet B affecté par SCP-CUK-FR : B est alors incapable de juger A selon ses caractéristiques physiques, ethniques ou religieuses (ou que sais-je encore), car le médicament bloque l'accès aux stéréotypes mentaux. Ainsi, B ne pourra se faire une opinion de A qu'en apprenant à le connaître de manière individuelle, et ne pourra le juger que selon ses traits personnels. Il se peut toujours que B se mette à ne pas apprécier A, mais cela ne sera basé que sur son caractère, et non sur les groupes physiques ou sociaux auxquels il appartient.
- Dr Goldstein

SCP-CUK-FR est apparu pour la première fois début 2015. Un très grand nombre de pharmacies de France métropolitaine ont vu leurs rayons se remplir d'un stock conséquent de « Padamalgam™ » sans que leur provenance ne puisse être expliquée. De plus, le public ne semble pas avoir réalisé le caractère anormal de cet événement et a réagi de la même manière que pour la commercialisation d'un nouveau médicament banal2. Peu de temps après ce premier événement, des publicités pour le médicament sont apparues sur les grandes chaînes de télévision françaises. Ces deux événements représentant une brèche critique du secret, toutes les installations de France métropolitaine ont été mobilisées pour participer à l'Opération « Placebo ». Pour plus d'informations sur cette opération, veuillez consulter le [ document CUK-FR-P-01].

La Fondation a mené une enquête sur les « Laboratoires Plouton-Latarque » à l'origine des médicaments, mais aucune renseignement n'a pu être collecté sur cette organisation. Le numéro de téléphone indiqué sur les boîtes de « Padamalgam™ » renvoie effectivement au standard téléphonique des laboratoires, mais il s'est avéré impossible de localiser ce standard.

Addendum CUK-FR-02 : Malgré l'Opération « Placebo », il semblerait qu'un nombre conséquent de personnes aient consommé SCP-CUK-FR. Bien que le médicament semble avoir en partie fonctionné (voir Addendum-01 du [ document CUK-FR-P-01]), des effets secondaires importants sont apparus vers mai 2015 chez 57% des personnes ayant consommé le médicament.

Le principal effet secondaire a été surnommé « syndrome existentialiste » par le Dr Goldstein. Chez 22% des sujets, ce syndrome a causé une grande détresse mentale et une surcharge d'informations menant à des symptômes épileptiques, de l'apathie, voire, dans 11% des cas, à des lésions cérébrales irréversibles. Dans 21% des cas, toutefois, ce syndrome a déclenché chez ceux qui pouvaient la supporter une sorte « d'hyper-conscience ».

La mention à plusieurs reprises du terme « essentialisme aigu » sur les boîtes de SCP-CUK-FR était toujours resté mystérieuse pour nous. Si nous avions pu appliquer les autres « usages » du médicament, nous n'avions aucune idée de ce que « lutter contre l'essentialisme aigu » pouvait signifier. Jusqu'à maintenant.

Le syndrome existentialiste a touché tellement de personnes que nous avons pu l'étudier en détail. Vous voyez, le but original du médicament était d'éviter le biais de représentativité, c'est-à-dire d'empêcher un sujet d'assimiler un grand ensemble à un petit échantillon. Eh bien le syndrome existentialiste, c'est ça. Mais de manière systématique. Les sujets ne pouvaient plus caractériser ce qu'ils voyaient que de manière individuelle — mais pas seulement pour les individus, absolument tout était concerné. La moitié n'a pas supporté ce trop plein d'information : imaginez, vous êtes forcé de caractériser un par un chaque objet que vous voyez avant de pouvoir vous dire que cette chaise est une chaise, ce bureau un bureau, etc… Le syndrome existentialiste supprimait les catégories de choses. Pour ceux qui ont supporté cette « hyper-conscience », il n'y avait plus de « nous » ou de « eux », mais seulement une somme d'individualités dont chacune possède des caractéristiques propres.

En d'autres termes, leur pensée essentialiste était tout simplement supprimée. Le monde n'était plus un assemblage de catégories aux propriétés communes et immuables, mais une somme de petites choses aux propriétés propres. Cela équivaut plus ou moins à atteindre une rigueur scientifique parfaite, puisque les approximations, les intuitions et les préjugés sont supprimées. On ne base plus notre jugement sur une « essence » présupposée mais sur les caractéristiques de l'existence de la chose. D'où le nom de syndrome existentialiste.

La plupart des sujets affectés n'a toutefois pas survécu plus d'un mois. L'utilisation constante du cerveau en sur-régime était immanquablement fatale. Cependant, nous avons pu [DONNÉES SUPPRIMÉES]. Consultez [DONNÉES SUPPRIMÉES].
- Dr Goldstein

Addendum CUK-FR-03 :

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Une publicité télévisée pour la seconde version de SCP-CUK-FR

Vers la fin de juin 2015, une seconde génération de « Padamalgam™ » a été commercialisée, de la même manière que la première. Dans les publicités accompagnant cette commercialisation, les « Laboratoires Plouton-Latarque » s'excusaient « sincèrement » à propos des « effets secondaires désastreux » et assurait que la nouvelle génération était « absolument sans danger ». Une nouvelle opération, menée en collaboration avec la Coalition Mondiale Occulte et le gouvernement Français, a permis de retirer des rayons la nouvelle génération de SCP-CUK-FR.

En août 2015, toutefois, des actions menées par une loge du Groupe d'Intérêt terroriste SAPHIR dans la ville de Montpellier ont attiré à nouveau l'attention de la Fondation sur SCP-CUK-FR. Ci-dessous le témoignage de l'agent Cheng, membre de la FIM Oméga-5 "Les Joailliers", après intervention :

On aurait dit qu'ils étaient drogués. Ouais. Mais pas un truc doux comme un p'tit joint, hein. Plutôt dans le genre crack ou crystal meth. Je crois qu'on a eu une illustration du mot "psychotique". Et pourtant… Pourtant, bah ils restaient implacablement logiques. Tout ce qu'ils disaient, même s'ils le disaient d'une manière… particulière, tout ce qu'ils disaient étaient cohérent. Même beaucoup trop cohérent.

Vous imaginez, on a l'habitude de ces gus-là. On sait qu'ils se branlent sur la logique et la méthode scientifique. Qu'ils aiment démonter les croyances de manière "rationnelle". Mais là… Eh bien, au début, ils paraissaient bien trop naïfs pour des hommes de SAPHIR. Ils n'avaient pas cette virulence caractéristique. Puis ils ont demandé à la foule s'il y avait des croyants. Il y en avait. Évidemment. Ils ne les ont pas jugés, pourtant. Ils ont demandé aux croyants d'expliquer leurs croyances. Précisément. Là, c'est comme s'ils s'étaient mis à analyser tout ce qu'on leur disait, mais à la vitesse de machines. C'est comme s'ils avaient oublié tous leurs préjugés sur les religions et qu'ils se contentaient de démonter ce qu'on leur disait. Et c'est ce qu'ils ont fait.

C'était étonnamment pacifique, hein, mais effrayant. Ils ont démonté un par un les arguments des croyants, et en ne s'appuyant que sur leurs paroles. Mais quand je dis démonter, ce n'était même plus un débat. Le public avait à faire à des monstres de logique qui gueulaient plus fort que pendant les débats à l'Assemblée Nationale. Je ne sais pas si vous imaginez, un concentré de méthode scientifique et de rhétorique pures balancées en pleine gueule du public. Vous pouvez écouter les enregistrements, hein. Mais les Joailliers sont formés à la rhétorique. Et il n'y avait pas une seule erreur dans leur discours.

Il s'est avéré que, malgré la destruction des stocks de la deuxième génération de « Padamalgam™ », cette loge de l'organisation SAPHIR avait pu mettre la main sur une quantité conséquente du médicament. Celui-ci a semble-t-il été détourné dans le but de créer une « drogue de la rigueur scientifique », permettant d'éviter toute erreur de raisonnement dans la logique formelle, d'empêcher les préjugés de rentrer en jeu, et, de manière générale, d'éliminer presque totalement les biais cognitifs.

Interrogatoire

Il n'a pas été possible de déterminer la quantité de drogue produite et/ou restante parmi l'organisation. Toute nouvelle apparition de cette drogue doit être activement surveillée.







ATTENTION : Accréditation 4/AUT-FR-Ω requise

Le fichier auquel vous tentez d'accéder n'est disponible qu'aux membres du personnel disposant d'une accréditation de niveau 4/AUT-FR-Ω. Cette accréditation n'est pas incluse dans le protocole général de sécurité de niveau 4 et n'est pas compatible avec une accréditation de type O5.


Toute tentative d'accès au-delà de ce point sans disposer de l'accréditation nécessaire est motif de révocation de la Fondation. En entrant vos identifiants, vous consentez à vous exposer à une image contenant un agent mémétique connu, et à vérifier que vous êtes inoculé face à cet agent. Dans l'éventualité d'un accès non autorisé, cette console deviendra inopérable. Le personnel de sécurité sera envoyé afin de vous réanimer et de vous escorter jusqu'à une cellule de détention pour interrogatoire. Toute tentative d'accès à ce fichier depuis un ordinateur non connecté à l'intranet de la Fondation résultera en une élimination immédiate et ce indépendamment de votre niveau d'accréditation.







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Dossier d'Information des Installations de la Fondation SCP

Désignation Officielle : Site Protégé de Commandement d'Urgence Français

Code d'Identification du Site : FFECHRC-Site-Heth

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Informations Générales


Création : 12/12/1918

Fonction : Conservation des archives de la Branche Française et centre de recherche historique et archéologique. Sert également de centre de gestion de crise pour le territoire français.

Taille : Superficie de 22 hectares

Couverture : Base militaire de l'Armée Française classée comme infrastructure de haute sécurité.

Organisation :

Secteur 1 (secteur protégé)

Aile A (surface) : Administration et quartiers du personnel

Aile B (surface) : Archives Modernes

Aile C (premier sous-sol) : Centre de Commandement d'Urgence

Aile D (premier sous-sol) : Logements d'Urgence

Aile E : (premier sous-sol) : Archives Anciennes

Aile F (second sous-sol) : Archives Critiques

__Secteur 2 (centre de recherche historique et archéologique)

Secteur 3 (secteur de confinement)

Aile A - Poste de sécurité

Aile B - Confinement est

Aile C - Confinement ouest



Description de l'Installation


Le Site-Heth fut initialement créé en 1918 dans l'ancien fort de ██████, fort polygonal du système Séré de Rivières, bâti entre 1874 et 1876 et cédé par le gouvernement Français du fait de son obsolescence. Celui-ci servait alors d'installation de confinement pour des objets de grande valeur ou à haut potentiel stratégique. Toutefois, une brèche de confinement de SCP-███-FR en 1920 détruisit toute la moitié sud du fort ainsi que les anomalies qui y étaient confinées. Les dirigeants de l'époque n'ont pas trouvé la remise en état rentable, et le fort fut donc re-cédé au gouvernement français après que les derniers objets SCP aient été déplacés dans d'autres installations.

Dans les années 1970 fut lancé le Programme Crépuscule Hivernal, qui impliquait la création d'installations sécurisées en cas de conflit thermonucléaire au cours de la Guerre Froide. L'ancien Site-Heth fut choisi pour l'installation du Centre de Commandement d'Urgence du territoire français métropolitain et le fort de ██████ a donc été acquis à nouveau par la Branche Française. N'ayant pas été remis en état jusque là, le fort subit une reconstruction complète ainsi qu'une rénovation en profondeur, et devient la Zone-Protégée-Heth. En tant que tel, l'installation est dotée de mesures de sécurité exceptionnelles, comme des cages de Faraday, une surpression d'air dans toute l'installation et un système de filtration de l'air, en plus d'une source d'eau et de réserves de nourritures. Ainsi, la Zone-Heth est capable de résister aux attaques Nucléaires11, bactériologiques et chimiques (NBC) et de fonctionner de manière autonome pour une durée de deux mois.

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Le fort de ██████ en 1918.

En 1994, du fait de la diminution importante du risque de conflit nucléaire, la Zone-Protégée-Heth a été déclassée en Site-Heth. Bien qu'elle conserve encore un Secteur Protégé abritant le Centre de Commandement d'Urgence, qui reste une installation de haute sécurité, le Site accueille désormais des anomalies. En effet, les systèmes de régulation de l'atmosphère à l'intérieur des locaux ont été jugés idéaux pour la conservation d'archives et d'anomalies fragiles. Ainsi, le Site-Heth est désormais l'installation de recherche et de confinement principale de la Division Archéologie et Histoire, ainsi que le lieu de stockage des archives de la Branche Française. Les anomalies confinées sur place, de classe Sûr voire Euclide, le sont pour leur valeur historique et la proximité des archives, ce qui facilite le travail des historiens.

Enfin, le Site-Heth abrite les locaux de la FIM bleh-42 "Bleh", spécialisée dans l'archéologie, la recherche historique et la conservation d'objets anciens.


Organisation du Personnel


  • Direction :

Directeur du Site : Bernard Roche (4)

Directeur des Ressources Humaines : (3 - 4/RH)
Responsable des Affaires Internes : (3)
Responsable du Comité d'Éthique : (3)

Effectifs : 20

  • Commandement d'Urgence :

Responsable : Alexis Lacombe (3 - 4/EM)
Effectifs : 25 (DS) - 15 (DSI) - 5 (BSBI12)

Composante Spéciale du DS, le Commandement d'Urgence est le premier rempart face à un Évènement de Classe-K ou toute autre crise majeure impliquant l'activation d'un Protocole d'Urgence13, et ne dépend alors plus de la structure hiérarchique classique : en temps de crise, les Commandants d'Urgence prennent leurs ordres directement du Conseil O5.

Les Centres de Commandement d'Urgence sont répartis dans des lieux stratégiques et placés au sein d'installations hautement sécurisées. Ceux-ci possèdent des moyens de communication poussés et de quoi superviser des opérations post-cataclysme, comme le système SYCOMURA14. Les Centres possèdent également des bunkers d'habitation pour le personnel de l'installation correspondante et d'éventuels rescapés extérieurs.

  • Archives :

Responsable : Sofia Jacobin (4)
Effectifs : 37 (Département Administratif)

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Des coffres sécurisées des Archives Critiques sur le Site-Heth.

Le Site-Heth est actuellement l'installation abritant la plus grande quantité de documents d'archives de la Branche Française. Par conséquent, celui-ci nécessite un nombre important de conservateurs spécialisés et de restaurateurs du Bureau des Archives. De plus, le Site-Heth abrite les Archives Critiques de la Branche Française, en faisant une instalation stratégique. Les archivistes de cette division sont des documentalistes possédant de hauts niveaux d'accréditation du fait des documents qu'ils manipulent. Ceux-ci sont sélectionnés après une carrière exemplaire au Bureau des Archives puis passent des tests psychologiques rigoureux pour s'assurer de leur fiabilité. Ils reçoivent fréquemment de nouvelles archives à classifier et des documents en tous genres et sont chargés de leur bonne conservation.

  • Centre de recherche historique et archéologique

Responsable :
Effectifs : (Division Archéologie et Histoire)

Le Site-Heth est la principale installation du Département d'Histoire et d'Archéologie sur le territoire français. Les chercheurs historiens et archéologues y étudient les anomalies confinées et retracent leur historique ainsi que leur potentielle influence au cours de l'Histoire, bénéficiant des Archives Anciennes, critiques ou non. Ceux-ci étudient également l'histoire de l'anormal et les organisations passées impliquées dans ce domaine.

  • Confinement :

Responsable : Spé Maxime Rostaing (3)
Effectifs :

Les anomalies confinées sur le Site-Heth ne présentant généralement pas de menace excessive, les équipes de confinement de l’installation sont avant tout formées à la conservation d'objets anciens et à la restauration. Les formations à ce sujet se font par ailleurs sur le Site-Heth.

  • Sécurité :

Responsable : Cdt Fabien Bucchini
Effectifs : 50

Les agents de sécurité du Site-Heth sont d'effectuer des patrouilles pour sécuriser la grande surface de l'installation, ainsi que de veiller à la protection des Archives Critiques et du Centre de Commandement d'Urgence. Du fait de son intérêt stratégique, le Site-Heth est, en plus de sa nature fortifiée d'origine, doté de mesures de défense importantes pour une installation de cette taille, comme des missiles sol-air Mistral ou des missiles antichar Milan ER. Le secret de son emplacement reste toutefois la mesure la plus efficace.


Liste partielle des anomalies confinées sur le Site


SCP-295-FR




Gentilshommeries

Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé.

Mademoiselle de Maurepin faisait tourner la phrase en boucle dans sa tête. Chacun de ses mots résonnait avec l'un de ses combats. Tous pesaient lourdement de leur sens et du souvenir d'une lutte — du souvenir de la Lutte.

Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Oui. Voyant du sang couler sur ses doigts, elle hésita pendant une fraction de seconde. Elle n'aimait pas le sang. Elle n'aimait pas ce qu'impliquait la vue du sang. Encore moins lorsqu'elle en était à l'origine. Mais le devoir l'appelait. Le Bien, le Beau et le Vrai la poussait à agir.

Alors elle répéta sa question, en menaçant le trafiquant d'abattre à nouveau sa tête contre le bureau.

« Où est le Marquis ? »

En vérité, les transcendances qu'étaient le sens du devoir et les idéaux Gentilshommes lui restaient imperméables. Seules la souffrance et la destruction des corps lui importait. Le matériel passait avant l'essentiel. La peau lacérée des deux Petits Messieurs et leurs plaintes geignardes, les cages dont elle les avaient sortis, leurs incontestables traces de viol, tout cela importait plus qu'une vague idée du bien ou du devoir.

L'homme, dont elle tenait fermement la tête, ne répondait pas. Difficile de savoir ce qui, entre son nez cassé et son manque de volonté, le rendait si peu bavard. Mademoiselle de Maurepin voulut tenter une nouvelle fois de lui rendre sa verve, mais il ne lui laissa pas le temps :

« Du Champ de Mars à Notre-Dame. »

Elle s'arrêta net.

« Quoi ?
- J'sais pas. — Il cracha un caillot rougeâtre — J'sais pas c'que ça veut dire. Mais c'est ce qu'il se dit sur le domaine du Marquis. Si vous croyez que je l'ai déjà rencontré en personne…
- Du Champ de Mars à Notre-Dame…
- Vous allez me laisser partir, maintenant ? »

Elle le regarda avec des grands yeux, que l'on aurait pu dire presque amusés, si les trafiquants d'êtres humains ne lui inspirait pas le dégoût le plus fondamental.

« Je ne crois pas, non. Le Comité de Fortification Humaniste décidera de votre sort.
- Le quoi ? »

Alors elle le remit droit sur ses deux pieds, avant de lui décocher une droite dans la tempe — une application pratique de l'humanisme dans laquelle elle excellait. Le corps inanimé du trafiquant s'effondra avec fracas, comme désarticulé. Ce sur quoi Mademoiselle de Maurepin sortit son téléphone pour passer un coup de fil. Le « Ah, c'est vous, Mademoiselle de Maurepin » de l'autre bout de la ligne en disait long (sans vraiment le dire).

« J'ai un trafiquant de plus. Inconscient. L'adresse ? Je suis au… »

Après l'appel, elle se laissa tomber dans le fauteuil. Le visage ensanglanté du trafiquant gisait à ses pieds. Ses traits disaient de lui « quarante-trois ans, deux enfants, une femme qu'il n'aimait plus vraiment et un boulot de bureau aliénant ». Mais la vérité de ses actes était toute autre : « quarante-trois ans, certes, mais trafiquant d'êtres humains, sadique, sûrement, violeur, sans aucun doute, sous-fifre du plus grand réseau de trafic d'anormaux d'Europe et pion insignifiant du Marquis, son dirigeant ». La banalité du mal horrifiait Mademoiselle de Maurepin. Les regards craintifs des deux Petits Messieurs du Dr Wondertainment, dans le coin de la pièce, lui inspirait la plus profonde pitié. Mais l'expérience lui commandait de ne pas les approcher trop rapidement : c'étaient bien les seuls jouets que la maltraitance rendait agressifs.

Elle concentra plutôt son regard sur le petit bout de papier retrouvé dans le blouson du trafiquant. « 41 rue Saint-Placide - la cave ».


Le quarante-et-un rue Saint-Placide. Ne restait plus qu'à trouver un moyen d'entrer. Ou plutôt, d'attendre que quelqu'un entre ou sorte : personne ne refuserait l'entrée de l'immeuble à une mince jeune femme aux cheveux clairs. Il y aurait probablement plus de réticences si les passants pouvaient voir le kilo d'acier et d'humanisme du sabre de dragon modèle 1854 fermement arnaché à sa ceinture, mais l'arme avait l'heureuse particularité de rester invisible selon la volonté de son porteur. Une antiquité de famille. À peine quelque minute plus tard, un résident tint aimablement la grande porte à l'inoffensive jeune femme qui attendait dehors.

En ouvrant la porte de la cave, sa main gauche se posa instinctivement sur la fusée de son sabre invisible. Peut-être aurait-elle dû attendre d'autres Gentilshommes. Une suie grasse occultait les murs de pierre claire. Peut-être était-ce un piège. L'ampoule dénudée peinait à éclairer toute la cage d'escalier, pourtant étroite. Cela faisait un certain temps que Mademoiselle de Maurepin luttait contre le réseau du Marquis, alors cela pouvait être un piège. Peut-être qu'elle le souhaitait. En arrivant au bas de l'escalier, la lumière s'alluma d'elle-même, dévoilant… une cave.

De la tuyauterie, un compteur électrique et des rangements : rien qui ne soit pas à sa place dans la cave d'un immeuble parisien. Ce n'était pas un piège - elle en fut presque frustrée. Cela faisait trop de temps qu'elle ne rencontrait plus que des sous-fifres. Trop de temps que le Marquis affermissait sa prise sur l'anormal parisien. Trop d'enfants anormaux enlevés et vendus, privés de leur corps, exploités dans l'impunité la plus totale. Mais en scrutant une dernière fois la cave, la Gentilhomme sentit… quelque chose. Un quelque chose de si familier et de pourtant toujours étranger. Cet étrange sentiment de "décalage" que produisait la Particularité chez beaucoup d'êtres humains. Celui-ci suintait d'un mur en face d'elle. En s'approchant, des lignes commencèrent à apparaître vaguement sur la surface de pierre, cherchant visiblement à se dissimuler sans y parvenir. C'est en vérité toute une porte cachée qui se dévoila aux yeux de la jeune femme, l'artifice la dissimulant n'étant visiblement pas assez puissant pour résister aux yeux expérimentés d'une Gentilhomme.

Sortant lentement son sabre de son fourreau pour se mettre en garde, sa main gauche tira la porte d'un coup sec. Pour dévoiler à son tour… un mur. Elle voulut un instant sabrer tout ce qui se trouvait à portée. Elle poussa plutôt à long soupir. Un ami à elle disait souvent que le travail de détective était fait de trois quarts d'échecs, après tout. Mais quoiqu'il se trouvait derrière le mur, le lien avec le Marquis ne faisait aucun doute. Son ventre gargouilla. Elle connaissait la personne à même de l'éclairer sur le Paris souterrain — et de lui offrir un repas.


Quelques dizaines de minutes plus tard, Mademoiselle de Maurepin se trouvait à nouveau sous Paris, dans les catacombes, grâce à une entrée dont elle et quelques initiés avaient le secret. Elle connaissait le chemin par cœur, bien loin du tracé touristique, et pouvait presque reconnaître chaque os, chaque crâne et chaque pilier noirci. Puis une porte. Au-dessus était inscrit en lettres de charbon « Syndicat des Non-Morts » et, quelques centimètres en-dessous, sa devise : « Un spectre hante l'Europe… ».

Passée la porte, et l'on entrait dans un autre monde. Le silence des morts laissait place à un swing endiablé joué par quelques squelettes sur la scène du fond. L'odeur de calcaire et de moisissure des catacombes disparaissait au profit de celles de bière et de merguez-frites. Et surtout, la solitude des souterrains se voyait balayée par les centaines de corps décharnés ou pourris qui dansaient, buvaient, jouaient ou préparaient les prochains blocages de cimetières. Certains reconnaissaient Mademoiselle de Maurepin et la saluait. Il fut un temps où les mains squelettiques à la peau déchirée aux tendons apparents la mettait mal à l'aise, mais elle s'était liée d'amitié à beaucoup de Non-Morts. C'étaient des gens joyeux.

Elle finit par s'asseoir sur l'un des tabourets du comptoir. Un tas d'os en costume de barman y préparait des commandes.

« Comment va, Pablo ? »

Il se retourna brusquement.

« Ah ! Mademoiselle de Maurepin ! Quel plaisir de vous voir sous Paris ! »

Il s'empressa de lui servir un merguez-frites et une pinte de bière.

« Eh bien, je ne me porte pas trop mal. Le Syndicat non plus : les négociations avec la Fondation SCP vont bon train. Ils comprennent peu à peu que nous sommes bien trop nombreux pour tous nous confiner. Et nos menaces de bloquer les cimetières et de lever des barricades de cercueils et de pneus enflammés font mouche. Un renoncement de la Fondation à nous confiner serait notre plus grande avancée depuis… l'acceptation du terme « Non-Morts », au moins.
- Les Gentilshommes sont de tout cœur avec vous.
- C'est que le phénomène des Non-Morts ne ralentit pas. Combien de « résurrections », de morts se baladant hagards dans un cimetière la Fondation doit-elle couvrir ? Trop. Alors qu'en nous laissant gérer le phénomène celle-ci aurait la paix. Et vous ? Toujours à le recherche de ce "Marquis" ?
- C'est exact. »

Elle laissa passer un silence en sirotant sa bière avant de poser sa question.

« Si vous deviez trouver un endroit dans Paris où cacher votre immense réseau de trafic humain, où iriez-vous ? »

Le crâne de Pablo afficha ce qui devait être de la consternation presque offusquée.

« Je n'ai pas de réseau de trafic humain ! »

Mademoiselle de Maurepin était bien trop habituée pour soupirer.

« Je sais bien, mais il ne s'agit pas de vous. Imaginez.
- Ah.
- Vous connaissez le Paris souterrain mieux que n'importe qui, vous devez bien avoir une idée ?
- Eh bien avant toute chose, je précise que je n'ai pas de réseau de trafic humain, mais que, si c'était le cas, les Catacombes seraient ma première idée.
- Mais ?
- Mais elles sont presque entièrement ralliées au Syndicat, qui ne laisserait pas passer une telle chose. Non, si je devais dissimuler un réseau de trafic humain — ce que je n'ai pas —, eh bien… J'utiliserais les lignes de métro abandonnées pour relier les anciennes carrières souterraines, mais cela nécessiterait de creuser des galeries. Et il n'y a pas eu de grands travaux sous Paris depuis… »

Mademoiselle de Maurepin leva la tête.

« … depuis le [ Salon Anartistique].
- Du Champ de Mars à Notre-Dame… murmura la jeune femme.
- Oui, c'est à peu près l'étendue du Sialap Dnarg. »

Elle fixa ses merguez, sûrement à la recherche d'une vérité cosmique cachée dans de la viande épicée. Tout cela avait du sens sans en avoir.

« Le Sialap Dnarg n'a pas été détruit ?
- Non. Ce n'est pas très clair, mais Spilhoholo a visiblement souhaité le conserver jusqu'au prochain Salon.
- Et personne ne le maintient en état ?
- Pas à ma connaissance. Tout ce qui l'entoure est très flou, aujourd'hui. »

Le Sialap Dnarg était immense, en plus de n'être connu que du monde Particulier. Un lieu idéal, mais… Spilhoholo aurait-il laissé son chef-d'œuvre envahi par la vermine ? Un agent du Beau comme lui resterait-il insensible à l'horreur qui corrompt son œuvre ? Ce n'était pas raccord avec son égo légendaire.

« Laissez-moi vous poser une question, Mademoiselle.
- Oui ? »
- Que ferez-vous quand vous rencontrerez le Marquis ? »

La question s'abattit sur Mademoiselle de Maurepin comme une chape de plomb. Cette chaleur étouffante si caractéristique de la gêne d'être pris en train de faire quelque chose de mal la prit à la gorge. C'était plutôt sa réponse, la réponse qu'elle pensait évidente au point de ne pas avoir à y penser, qui l'horrifia. Le simple fait d'y penser, d'envisager des possibilités, de questionner la brutale évidence lui fit prendre la mesure de l'horreur qu'elle était capable d'imaginer. La Lutte pouvait-elle voler sa propre humanité ?

« Je ne sais pas. »

Le tas d'os débarrassa l'assiette de la jeune femme.

« Vous reprendrez bien un peu de ces merguez de la lutte syndicale ?
- Non merci, Pablo, je dois y aller. Merci pour tout.
- Vous n'avez jamais été très merguez, vous Gentilshommes, songea-t-il. Mais bonne chance, mademoiselle de Maurepin. »





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Tau3

Dossier d'Information des Forces d'Intervention Mobiles de la Fondation SCP

Désignation Officielle : Force d'Intervention Mobile Tau-3

Surnom : Régiment du Roy

Code d'Identification : FIMFRT3GDI74


Informations Générales


Création : 09/12/19██

Créateur(s) : Directeur Bruce Garrett, O5-██

Quartier Général : Site-Aleph

Fonction : Cette FIM a été créée dans le but de localiser et récupérer les objets SCP créés ou appartenant au Groupe d'Intérêt "Les Gentilshommes" ainsi que d'appréhender les Gentilshommes eux-mêmes. De manière générale, cette FIM est la première réponse face aux menaces posées par le Groupe d'Intérêt.

Profils recherchés : Afin d'éviter tout basculement d'un membre du personnel vers le Groupe d'Intérêt, les agents de cette FIM devront posséder en priorité un profil hostile à l'anormalité, que ce soit à la suite d'un traumatisme ou par simple conviction. Ceux-ci devront également être sélectionnés pour leur manque de réceptivité face aux problématiques soulevées par les Gentilshommes, soient l'humanisme et le transhumanisme, et la philosophie des Lumières en général. Pour les agents de terrain, une faible sensibilité aux agents mémétiques est également recherchée.


Personnel affecté







Objets récupérés



Rapports de mission


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