Sandbox de Fouin v2

La merde que Fouin fait

(quand il est pas occupé sur autre chose)

Objet # : SCP-EYE-FR

Niveau de Menace : Bleu

Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales : SCP-EYE-FR est actuellement stocké dans le local 19 (Bâtiment C) du Site Aleph, jusque là utilisé pour la vidéosurveillance du site.

L’accès au local contenant SCP-EYE-FR nécessite une autorisation écrite de la part du directeur de la sécurité du site. Toute consultation de l'objet doit être effectuée par l'intermédiaire d'un classe D, dont la mémoire devra être effacée par la suite (Amnésique notation D nécessaire pour contrer les effets à long termes).

Aucun appareil d'enregistrement vidéo n'est autorisé dans la salle. Lors de son utilisation, le personnel doit rester à un poste d'observation isolé, idéalement situé de façon à ce que l'écran de SCP-EYE-FR ne soit jamais visible. Les ordres sont donnés par le biais d'un haut-parleur.

La présence d'un garde armé dans la salle, équipé uniquement de lunettes thermiques, est envisageable pour inciter l'intermédiaire à coopérer.

Description : SCP-EYE-FR est une série de 9 moniteurs positionnés par colonne de 3, tous reliés à une unité centrale et à un clavier. Pour fonctionner, l'objet doit être connecté à une prise secteur. L'unité centrale peut être démontée et ne présente à priori aucune propriété anormale, à l'exception du disque dur, qui n'a pu être lu ou interprété par aucun appareil de la Fondation. Sans ce disque dur précis, SCP-EYE-FR n'affichera aucun retour vidéo. À noter qu'il est possible d'ajouter d'autres moniteurs dans les limites de disponibilité des connecteurs. L'envergure des modifications techniques qui peuvent être apportées à SCP-EYE-FR est toujours en cours d'étude par le DI&ST.

Dans son état initial, un seul des moniteurs est actif, présentant un invité de commande. Il est possible d'entrer des valeurs à l'aide du clavier. Cette valeur doit être le nom d'une personne, un pseudonyme ou une description physique. À noter que dans ce dernier cas, la description de l'individu doit être suffisamment exhaustive pour être interprétée par l'objet. Si la valeur entrée n'est pas valide, SCP-EYE-FR affichera un écran noir pendant une durée allant de 10 à 15 minutes, avant de revenir à son état initial.

Si la valeur entrée est considérée comme valide par l'objet, celui-ci passera dans son stade actif. Les moniteurs montrent alors différentes vues du sujet choisi, selon différents angles. La position des angles de caméras ne correspond à aucune réalité matérielle. Si le sujet devait bouger, les caméras basculeraient alors une à une vers de nouveaux angles de façon à ce que le sujet soit toujours visible distinctement. Les angles de caméras se sont montrés capables d'adopter des positions physiquement impossibles, y compris à l'intérieur d'objets, de murs, et même capable de produire des plans en coupe, mettant donc en échec toute tentative conventionnelle de se soustraire à la vision de SCP-EYE-FR.

Liste non-exhaustive d'observations faites à partir de SCP-EYE-FR, lors de sa première série de test :


Entrée Résultat
"Tasse" Entrée invalide
"Chien" Entrée invalide
"Humain" Entrée invalide
"Martin" Entrée invalide
"D-2144" D-2144 endormi, actuellement enfermé dans la cellule 46 au sein du Site Aleph. Plusieurs angles de caméras étaient disponibles : Un dans un coin supérieur de la pièce, un depuis le miroir de la pièce, un dans une vue en contre plongée du lit.
"Cellule 46" Entrée invalide
"Cellule 46, Site Aleph" Entrée invalide
"D-1585" D-1585 en pleine interrogatoire, dans une pièce étroite. Un des angle de caméra effectue une plongée, telle que sa position semble suggérer qu'elle dépasse le plafond.
"SCP-EYE-FR" Entrée invalide
"Neremsa Vandrake" Plan rapproché du directeur de la sécurité et plusieurs autres de part et d'autre du poste d'observation.
"Le Belge" Entrée invalide
"Les clés du Local 17, Bâtiment C, Site Aleph" Entrée invalide
"O5-1" [DONNÉES SUPPRIMÉES] Évitez de refaire ça, à l'avenir - Garrett


Quand SCP-EYE-FR est utilisé pour voir des individus, les premiers effets de l'objet sur toute personne actuellement en train de regarder l'écran peuvent être ressentis. Ces effets étant très variables selon les individus, une étude statistique à dû être menée. Les effets constatés sont les suivants (sur un échantillon de 246 sujets) :

  • 79% - Un sentiment de gêne, de malaise ou d'inconfort
  • 67% - Réflexe pilo-moteur
  • 66% - Une impression puissante d'être observé, qui persiste après les tests
  • 31% - Une accélération du rythme cardiaque et une augmentation de la tension artérielle significative
  • 4% - Une perte de connaissance
  • 3% - Une excitation sexuelle

Dans l'ensemble des cas, les sujets de tests ont manifesté une envie obsessionnelle d'être remis en contact avec SCP-EYE-FR.

Il doit être pris en considération que les informations obtenues grâce à SCP-EYE-FR ne peuvent être tenues comme exactes ou déterminantes. L'intermédiaire est le seul individu à y être exposé directement et son honnêteté ne peut être garantie. (Plus d'informations à ce sujet dans l'Addendum 1)

À noter que l'objet ne semble pas être capable de suivre les individus après leur décès, restant bloqué au dernier endroit où ceux-ci se trouvaient vivants. De façon troublante, certains individus ne semblent pas pouvoir être suivis par SCP-EYE-FR. (Plus d'informations à ce sujet dans l'Addendum 1)

Le Idea Pit - Parce que réfléchir à des idées dans le bus est plus facile que les écrire


Conneries

12 Juin 2018, Acropole (Bureau du Directeur Garrett), Site Aleph

— Je te sers quelque chose, Garry ?

Le directeur faisait face à son meuble bar, installé entre deux bibliothéques. Une comodité, qu'il avait fait poser peu de temps après son arrivé à poste.

— Juste un café, répondit l'intéressé à l'aise sur son siège.
Garrett prit le temps de tourner la tête pour juger son interlocuteur du regard pendant un bref instant.
— Je me demande vraiment comment tu fais pour passer tes journées à faire des choses extraordinaires et quand même rester quelqu'un d'ennuyant.
— Qu'est ce que tu veux, c'est le propre de l'homme. On s'habitue à tous.
Après avoir passé bien trop de temps à faire semblant d'hésiter, Garrett finit par saisir une bouteille. "Cabernet d'Anjou - 2002"
— C'est quand même ironique que ce soit toi qui me parle de chose extraordinaires, alors que tu es bien plus exposé que moi à des choses qui le sont réellement.
— Et pourtant. Je trouve l'espace beaucoup plus excitant que la plupart de nos pensionnaires. Passe moi le tire bouchon, tiens.
— Et mon café ?, dit-il tout en s'exécutant.
— La machine est derrière toi, t'as qu'à te servir.
— Ça ira. Si on m'avait dit que t'accueillais si mal tes visiteurs, je sais pas si je serais passé par ton bureau.

D'un geste fort d'une certaine expérience, le Directeur déboucha la bouteille avant de se servir un verre, qui était déjà posé sur son bureau. L'homme qui lui faisait face, Garry Rugaini, assis derrière le somptueux meuble en bois, devant lui, paraissait bien plus vieux que son âge. Rasé et cheveux très courts, les yeux aciers. Il avait les traits tirés de la personne qui s'inquiète en permanence. Lui aussi était un directeur. Ce n'était pas "le" Directeur, mais il était affecté à la gestion du Site Ayin. Un site en orbite de la Terre, fleuron de la technologie, qui rivalisait avec l'ISS en terme de taille.

— En parlant de ça, tu ne me rends pas visite juste pour me voir, j'imagine, dit Garrett avant de s'asseoir.
— Non effectivement. Ce que je m'apprête à te montrer est assez confidentiel, pour le moment. C'est déroutant, même pour nous. Pendant que tu te servais, je t'ai envoyé les rapports dans ton dossier.
— J'aurais bien aimé pouvoir te dire que plus rien ne peut me surprendre, mais, voyons voir.
Il a fallu bien 1 minute complète à Garrett pour se connecter aux serveurs internes sécurisés de la Fondation et accéder à son répertoire personnel. Il y avait tellement de fichiers à charger que l'ordinateur mis quelques secondes à afficher quelques documents parmi des centaines, tous précédés de "ayinObservation_".
— Qu'est ce que je suis sensé lire ?
— Ce n'est pas vraiment le contenu des rapports qui importe. Mais leur nombre, dit Rugaini, soudainement sombre.
— Va droit au but, s'impatienta Garrett
— Tu n'es pas sans savoir que nous avons refait tous nos capteurs il y'a peu de temps, pour rester en avance par rapport aux agences gouvernementales.
— Tu n'as pas besoin de me rafraîchir la mémoire. On aurait pu construire trois nouveaux sites avec cet argent. Et le DCD en a bavé pour dissimuler les lancements.
— Ce n'est pas le sujet. Ce que je peux te dire, c'est que les capteurs fonctionnent. Ils fonctionnent même très bien. C'est ce qui nous amène à notre problème.
— Garry…
— Le nombre d'anomalies que l'on a pu identifier depuis la mise à jour de nos appareils est immense. C'est inquiétant, et bien au delà de nos capacités de surveillances. La semaine dernière, on a repéré 100 nouvelles anomalies potentielles. C'est plus que ce qu'on a observé ces 5 dernières années. Ça bouleverse totalement ce que l'on pensait des anomalies extraterrestres. Il y a autant, voir d'avantages de choses, là haut, qui pourraient représenter des dangers potentiels pour nous et tout autant de sujets d'études.
— Que veux tu exactement qu'on y fasse ? Si tout ce qui se trame dans le reste du Système ne nous a pas encore dérangé, j'imagine qu'on devrait mieux ne pas aller le faire nous même. La pierre en équilibre depuis des millions d'années ne risque pas de tomber.
— S'il te plait, tu as prouvé que tu étais plus malin que ca. Ce n'est pas parce que rien n'a encore fait basculer la pierre que ça n'arrivera jamais. Et si ça devait arriver, nous sommes totalement désarmés.
— Et bien ? Nous sommes autant vulnérable à l'anormal extraterrestre qu'aux sursauts de rayons gamma ou aux météorites. C'est hors de notre contrôle.
— Je ne suis pas d'accord. On peut y faire quelque chose et c'est notre devoir. Est-ce que tu te souviens de notre mission ? De plus, si l'on ne se prépare pas maintenant à sécuriser ces anomalies, d'autres le feront à notre place. Notre présence dans l'espace est déjà dépassée par d'autres organisations. Notre branche a initié la construction de la plus grande structure spatiale de l'humanité parce qu'elle a compris l'importance de toujours avoir une longueur d'avance. Depuis Ayin, on a l'émergence de nouveaux acteurs de l'espace. D'ici quelques années, des entreprises seront capables d'aller plus loin que nous et d'atteindre ce que l'on ne peux même pas encore voir. Cette nouvelle course à l'espace pourrait très bien signer la fin de notre organisation si l'on est pas capable de prendre ce tournant.
— Je.. qu'est ce que tu attends de moi exactement ?
— J'ai besoin que tu m'aides à écrire une demande formelle au Conseil.


14 Juin 2018, Module Malvern, Site Ayin

Kalla se laissait flotter lentement, dans l'obscurité. Les manches de son haut de combinaison, lui-même lâchement attaché autour de sa taille, joignaient son mouvement, comme des nageoires. Les lumières bleues des appareils se fondaient dans sa peau et son débardeur. Un son caractéristique l'extirpa de ses pensées.

— On s'en lassera jamais, hein ? dit une voix d'homme.

Elle ouvrit les yeux pour voir Florent, apparemment debout au "sol".

— Tu pouvais pas juste me laisser profiter avant de prendre mon service, hein ?
— Je peux toujours repartir.
— Trop tard. Maintenant que j'ai vu ta tête, ma journée est fichue.
En lieu de réponse, Florent poussa Kalla contre la paroi, mettant fin au ballet et s'envoyant lui-même en arrière, les pieds toujours fermemant attachés.
— Alors, ces bottes magnétiques ? s'enquit Kalla.
— C'est particulier et pas hyper comfortable, mais c'est étrangement agréable d'avoir un ancrage. C'est juste dommage que l'on ait pas encore terminé d'adapter tous les modules à leur utilisation.

L'ingénieur portait une paire de gros appareils aux pieds, semblables à des raquettes à neige avec des cables et de l'électronique attaché. Comme pour faire une demonstration, il marcha d'une allure peu gracieuse jusqu'au bout du module.

— Tu as pas l'air très malin avec ça. Tu marches comme si tu t'étais fais dessus, ricana la spécialiste.
— Rigole tant que tu peux. Bientôt on va tous se balader avec ça. On sera la "Maison de Retraite Ayin".
— Jamais je m'attache ces bordels aux pieds.
— Le nouveau modèle developpé par le DI&ST va arriver au prochain ravitaillement. Fréderic m'a dit que les derniers prototypes sont beaucoup plus pratiques.
— Et ça fera toujours autant de bruit ?
— Ça reste des gros aimants. N'espère pas trop.

Les lumières de la station se sont allumées brusquement. C'est le signal du début de la rotation de travail.


29 Juin 2018, Batîment C (2ème sous-sol - Bureaux DI&ST), Site Aleph

— Victor, vise un peu ça.
— Tu vois pas que je travaille ?

L'ingénieur nommé Victor était effectivement affairé sur un dispositif difficilement identifiable. Un masque de soudure couvrait son visage. Son collègue était assis à son bureau, sur son ordinateur.

— Attends attends, viens voir, je te jure.
— Ça a interêt à pas être une photo de chat, dit-il tout en relevant son masque.
— C'est énorme. Tu sais, je te disais plus tôt dans la journée qu'il y avait du mouvement sur les serveurs, hein ?
— Oui, tu disais que ça présageait du lourd, et bien ?
— J'étais curieux, alors j'ai un peu essayé de voir la source de tout ce traffic. Ça donnait sur un dossier sécurisé.
— Et.. tu as fait quoi ?
— Bon c'était pas facile, mais j'ai réussi à intercepter les paquets. Ça envoie partout dans le monde. J'ai réussi à récupérer ce qui ressemble à un plan. Regarde.
— Mais.. ils ont pété un plomb ?


29 Juin 2018, Batîment C (3ème sous-sol - Bureaux DI&ST), Site Aleph

— Vous avez pété un plomb ?
— C'est aussi ce que je lui ait dit, répondit Garrett.

Les deux directeurs s'étaient déplacés personnellement, fait assez rare, depuis l'acropole jusqu'au batîment C. Construction la plus extérieure du site, la bâtisse en elle même pourrait être assimilable à un colossal hangar. On y trouve notamment le centre administratif français du DM (Département de Manufacture), le relais logistique principale ouest-européen et une grande partie d'ateliers du DI&ST, le département technique. C'était au troisième sous-sol qu'il était possible de retrouver Hugo Laverne, le chef de projet technique du Site Aleph.
On oubliait vite la caricature du geek en arrivant devant lui. Grand et musclé, il avait l'air capable de porter littéralement ses projets.

— Écoutez Monsieur Garrett, je suis très honoré de la confiance que vous avez l'air de m'accorder, mais ce projet dépasse nos moyens, dit Hugo en pesant ses mots comme à son habitude.
Garrett ne put retenir un sourire.
— Vous bénéficierez d'un financement illimité et vous serez en lien avec 12 équipes internationales composées des meilleurs ingénieurs que l'on compte parmi nos rangs, triés sur le volet pour l'occasion, fit le directeur en déposant un épais dossier sur le bureau du chef de projet.
Laverne s'abstint de répondre, fixant durement le directeur dans les yeux.
— Le projet a déjà été approuvé, hein ? Je n'ai pas mon mot à dire ?
— Tout à fait, glissa Rugaini légèrement en retrait.
— Mais pourquoi moi ? Je n'ai jamais mené ce type de construction. C'est de la folie !
— Écoutez, lança posément Garrett, c'est votre prédécesseur qui a dirigé l'initiative Ayin. Un homme qui présentait les mêmes qualités que vous et qui a été votre mentor pendant plusieurs années. Je l'avais mis à ce poste parce qu'il avait les épaules pour mener à bien les projets les plus insensés, sans discuter, en tenant les délais et en faisant un travail impeccable. Il était capable de prendre des choix, d'aboutir à des compromis, dans le meilleur intérêt de notre mission. Et surtout, il n'avait pas peur de l'inconnu, une qualité essentielle dans notre métier.
— Et si il avait été à ma place, il n'aurait pas été convaincu par votre baratin, fit-il, provocateur. L'initiative Ayin était un chantier ambitieux, mais quelque chose que l'on savait faisable, qui faisait déjà l'objet d'un savoir-faire, on avait des consultants, des spécialistes. Ce que vous me demandez là, ça relève de la prouesse.
— Je vous demande de l'accomplir.
— Même si je me mettais au travail maintenant, vous avez bien conscience que ce projet pourrait devenir un gouffre à ressources et se clore par un gigantesque feu d'artifice ?
— C'est un risque que le Conseil a l'air prêt à prendre.
— Le.. le Conseil ? tressaillit Laverne
— Vous avait la possibilité de faire partir de quelque chose de grand, Hugo. Prenez cette opportunités. J'ai confiance en vous.
Le technicien, paraissant maintenant très petit, ne trouva rien à ajouter
— Mettez vous au travail, conclua sobrement Rugaini.

[…]

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