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CE FICHIER N'EST PAS À JOUR. CERTAINES DES DONNÉES QUI Y SONT PRÉSENTÉES PEUVENT ÊTRE CORROMPUES, ERRONÉES OU OBSOLÈTES. UNE REQUALIFICATION EST NÉCESSAIRE.


Objet # : SCP-AUT-FR

Niveau de menace : Bleu

Classe : Thaumiel

Procédures de Confinement Spéciales :

Description : Description : SCP-AUT-FR est un ensemble de structures d'origine humaine, provenant de différentes époques et situé à proximité de Bovelles, en Picardie. Cet ensemble est composé de nombreuses installations industrielles et résidentielles, trois groupes de structures pouvant être distingués : le premier comprend un ensemble de bâtiments qui forment une fonderie datant probablement du XVIIIe siècle, le second représente un large ensemble résidentiel recouvrant une usine souterraine issus de la seconde moitié du XIXe siècle, et le dernier associe une extension des habitations précédentes et une seconde usine, en surface cette fois-ci, remontant au début du XXe siècle. Ces bâtiments ne présentent pas de caractéristiques anormales, contrairement à la machinerie retrouvée dans les usines.

SCP-AUT-FR semble être à l'abandon depuis au moins le milieu du XXe siècle, à en juger par l'état de délabrement avancé de ses composantes. La petite notoriété qu'a acquis le lieu chez les communautés d'explorateurs urbains, vers 2014, a permis d'attirer l'attention de la Fondation sur ses installations. En effet, et malgré leur mauvais état général, les machines présentes dans les deux usines ont pu être identifiées comme présentant une nature anormale. Dans l'ancienne fonderie du XVIIIe, en particulier, ont pu être découvert des appareils anormaux primitifs comme un Agrégateur de Lavoisier (voir le document …), un Tunnelier de Binkov (voir le document…) ou un prototype d'ancre de réalité. Il s'est également avéré que des versions plus avancées de ces dispositifs se trouvaient parmi la machinerie, extrêmement complexe, des deux usines plus modernes. Cependant, les principes de fonctionnement exacts de ces machines restent inconnus, de même que leur but. L'origine des installations de SCP-AUT-FR, leur fonction initiale ainsi que leur état d'abandon actuel n'ont pas non plus pu être expliqués.

Addendum AUT-FR-01 : Le ../../2014, une étude sismique de la zone a révélé l'existence d'une immense cavité à une trentaine de mètres sous les structures de SCP-AUT-FR. Des examens plus approfondis ont pu l'estimer à plus de deux kilomètres carrés pour une centaine de mètres de hauteur. Son empreinte sismique suggérant une division par niveaux et des formes régulières a cependant mené à l'hypothèse qu'elle n'était pas une formation naturelle. Une activité sismique très faible mais régulière a également été détectée au plus profond de la cavité. Une reconnaissance dans le but de caractériser cette formation a été programmée.

Plusieurs tunnels reliant les sous-sols des installations de surface de SPC-AUT-FR et la cavité ont été découverts, bien que tous se soient avérés murés et obstrués sur une longueur importante. Des opérations d'excavation ont permis de dégager suffisament l'un d'eux pour introduire dans la cavité une petite équipe de reconnaissance.

Addendum AUT-FR-02 : blblblb
[ERREUR]
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L'assistant d'archivage a retrouvé un (1) fichier potentiellement pertinent :………………………………………………………………………………………………………..
[…] Nous ne pouvons que difficilement imaginer le mode de vie de ces personnes, avec le peu de sources et de témoignages qu'il nous reste. Tout au plus pouvons-nous conjecturer et tenter des rapprochements entre tels et tels objets qui ont échappé aux incendies. L'usine qui faisait vivre la ville n'a pas été épargnée, et comprendre toute l'étendue de son rôle va donc s'avérer particulièrement difficile. Nous savons qu'elle gérait les principales fonctions de production, les choses qui viennent à l'esprit en premier en ce qui concerne les besoins d'une ville souterraine : l'alimentation en eau, le chauffage, la ventilation… Pour l'éclairage, par exemple, la réalité était continuellement pliée par les machines pour faire en sorte qu'en des endroits précis de l'univers — en occurrence, là où la ville devait être éclairée — se trouve de la lumière. Il semblerait même que cette lumière provenait de réactions de fusion nucléaire dont l'énergie superflue se trouvait canalisée par des « ponts singuliers ». Nous avons quelques récits de l'ambiance étrange que créait un éclairage aussi énergétique, de sa couleur changeante et des ombres fantastiques qu'il projetait. Mais ce que nous ne savons pas, c'est la manière dont cette technologie anormale a été utilisée au-delà de ces fonctions superficielles.…………………………………………………………………………………………………..
C'était tout l'objet du Manifeste de Bovelles : utiliser cet automatisme à son plein potentiel pour proposer une transformation radicale de la société. Créer un éclairage surpuissant est une chose, mais cela ne suffit pas pour faire la révolution. Ainsi, nous pouvons supposer que des choses bien plus profondes, bien plus complexes, aient été automatisées - c'est-à-dire, dans ce contexte, rendues localement inhérentes à la réalité. Des choses immatérielles, comme des phénomène sociaux. Peut-être ont-ils automatisé l'égalité ? Le bonheur ? Nous ne le savons pas.…………………………………………………………………………………
Pour autant, ces conditions on ne peut plus favorables d'existence les avaient-ils transformés en imbéciles heureux, en loques incapables d'aligner trois pas en avant ? Absolument pas. Plus encore que le phalanstère de 1857, cette petite société a brillé par sa production intellectuelle, malgré sa courte vie. Pièces de théâtre, traités philosophiques, recherche en sciences anormales : la vie artistique et scientifique y était sans commune mesure. Toute cette production est aujourd'hui perdue, mais quelques traces de son existence subsistent. […] …………………………………………………………………………………
- ████████ ██████ (ex-O5-3), extrait du discours devant le Comité d'Éthique du 1§/§$//1@;^8??………….[ERREUR]
est actuellement en ruines.

Addendum AUT-FR-03 :
































Procédures de Confinement Spéciales : L’expression de SCP-AUT-FR-α ne doit en aucun cas figurer sur plus de deux documents à la fois. Ces deux documents ne peuvent prendre la forme que d’un document papier conservé dans l’Aile des Archives Critiques du Site-01 et d’un document informatique conservé dans un dossier caché du cloud de la Fondation. Toute autre expression complète ou partielle de SCP-AUT-FR-α dans n’importe quel autre document que ceux précédemment cités doit être immédiatement supprimée et son auteur emprisonné. L’expression de SCP-AUT-FR-α ne doit être connue que des membres du personnel possédant une accréditation de Niveau 4-AUT-FR-A. Aucun membre du personnel possédant une accréditation de Niveau 4-AUT-FR-A ne doit se trouver sur le Site-He-AUT-FR en dehors du Programme Résurrection Industrielle. Tout contrevenant s’expose à une comparution immédiate devant le Tribunal Exceptionnel du Comité d’Éthique.

Le Site-He-AUT-FR ainsi que SCP-AUT-FR-β sont actuellement soumis au Protocole Ceinture de Fer (PR-777.1.FR), qui ne pourra être levé avant le ██/██/20██. Le Site-He-AUT-FR doit être camouflé en tant que station hertzienne militaire classée comme infrastructure de haute sécurité, interdisant tout accès par des civils et tout survol aérien des installations. L’ensemble du Site-He-AUT-FR doit être cloisonné d’un premier périmètre de sécurité composé d’une clôture barbelée et d’un seconde représenté par un mur en béton, conformément au document AUT-FR-C-02 rév. 1.5.2. Un tampon de réalité doit être en permanence maintenu autour de SCP-AUT-FR-β à l’aide de cent trois (103) Ancres à Réalité de Scranton, conformément au document AUT-FR-C-03 rév. 1.3.1. L’accès aux différentes sections de SCP-AUT-FR-β, soient SCP-AUT-FR-β-1, SCP-AUT-FR-β-2, SCP-AUT-FR-β-3 et SCP-AUT-FR-β-4 ne peut se faire qu’avec les accréditations respectives de Niveau 4-AUT-FR-B-1, 4-AUT-FR-B-2, 4-AUT-FR-B-3 et 4-AUT-FR-B-4.

Conformément au Protocole Ceinture de Fer, tous les membres du personnel du Site-He-AUT-FR doivent être sujets à une évaluation psychologique mensuelle. En cas d’échec à cette évaluation, le membre concerné doit se voir affecté à une autre installation après administration d’amnésiques, conformément à la Procédure de Réaffectation PR-AF.01.AUT-FR. Une affectation au Site-He-AUT-FR ne peut se faire qu’après un examen minutieux du dossier du membre concerné par la Commission d’Affectation du DSI, qui doit rester le seul organe décisionnel permettant d’affecter du personnel au Site-He-AUT-FR.

Un Protocole Damnatio Memoriae (PR-DM.039.FR) est actuellement en vigueur pour toute information ayant attrait, de près ou de loin, explicitement ou non, aux Événements de 1984. Tout document faisant mention, de près ou de loin, explicitement ou non, aux Événements de 1984 et n’appartenant pas aux documents exclus du Protocole Damnatio Memoriae doit être immédiatement détruit et son auteur emprisonné. La liste des documents exclus du Protocole Damnatio Memoriae, actuellement représentée par le Dossier AUT-FR-1984, doit être conservée dans l’Aile des Archives Critiques du Site-01 et ne peut être consultable que par le personnel doté d’une accréditation de Niveau 4-AUT-FR-Ω. Cette accréditation n'est pas compatible avec une accréditation de type O5. Toute personne faisant mention des Événements de 1984 et ne possédant pas d’accréditation de Niveau 4-AUT-FR-Ω doit être interrogée puis amnésiée avant que le Comité d’Éthique ne statue sur le reste de la procédure.

Description : SCP-AUT-FR-α est une formule mathématique complexe appartenant au domaine de la physique de la réalité, discipline des théories fondamentales de l’anormalité. Malgré son aspect purement théorique, celle-ci s’est avérée applicable de manière concrète et a donné naissance à plusieurs applications ayant fonctionné. Couramment désignée « formule de l’automatisation », celle-ci permet théoriquement, avec l’aide des machines adaptées, de modifier la réalité de manière à automatiser n’importe quel processus et le rendre inhérent à la réalité, localement ou non.

SCP-AUT-FR-β est un ensemble de structures de surface et souterraines comprenant de nombreuses installations industrielles situé près de Bovelles en Picardie. L’ensemble des installations s’étend sur un total de vingt-et-un hectares (21 Ha) et jusqu’à cent-cinquante mètres (150 m) de profondeur. La machinerie présente dans les bâtiments industriels semble avoir été construite dans le but d'appliquer concrètement SCP-AUT-FR-α et présente une nature anormale. Les structures de SCP-AUT-FR-β proviennent d’un certain nombre d’époques différentes, les plus anciennes datant des années 1770 tandis que les plus récentes proviennent des années 1980. Toutes les installations de Bovelles sont actuellement en ruines.

Dossier SCP-AUT-FR-β : Fichiers de synthèse sur les composantes de SCP-AUT-FR-β


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Le bâtiment central des installations du XVIIIe siècle au moment de sa découverte

SCP-AUT-FR-β-1 est composé de l’ensemble des installations datées entre 1772 et 1774, qui forment une ancienne fonderie de canons. La structure principale est un large bâtiment à deux étages de style classique, autour duquel sont organisées les autres structures. Ce bâtiment semble avoir été le centre administratif de la fonderie, en activité de 1773 à 1777. Contrairement aux autres fonderies de l'époque, celle-ci n'a pas été construite pour vendre sa production mais dans un but expérimental, c'est-à-dire appliquer — bien que de manière incomplète — SCP-AUT-FR-α au processus de fabrication des canons. Ainsi, les installations comprennent également un atelier pour la fabrication des affûts, organisé en différents postes aux fonctions bien définies laissant présager l'esquisse d'organisation rationnelle du travail développée par Honoré Blanc1 à la fin du siècle. Cet atelier est adossé à la fonderie qui comporte un haut-fourneau et deux machines à aléser horizontales « à la Maritz2 », alimentées par un moulin hydraulique lui-même actionné par un canal déviant la Somme. Ainsi, les installations sont conçues selon les techniques les plus avancées de l'époque, afin semble-t-il de comparer l'efficacité du procédé anormal de De Courville et celle de techniques sophistiquées mais non-anormales. Enfin, à proximité de la fonderie se situe le laboratoire de Jean-Baptiste Ravin de Courville. Un inventaire a permis de dresser une liste des appareils qu'il contentait : un Agrégateur de Lavoisier (voir le document …), un prototype d'Ancre à Réalité, une « chaudière singulière » (voir le document …) et un Tunnelier de Binkov. Ces appareils, bien que très primitifs, permettaient de reproduire artificiellement les capacités d'un individu plieur de réalité.

De nombreux documents concernant l'historique et les résultats de la fonderie ont pu être retrouvés dans des archives détenues par les Gentilshommes Humanistes :

Monsieur De Courville,

J’ai bien reçu la lettre que vous m’avez écrite le 11 de ce mois et je me réjouis de voir votre intérêt pour mes travaux ainsi que de pouvoir vous compter parmi les défenseurs de mon système. Sachez que je n'ai jamais travaillé que pour la grandeur de Sa Majesté et la suprématie de ses armées, comme il en va pour vous, je n'en doute pas, qui avez combattu lors de la dernière guerre3 et avez brillé par vos actions.

Je ne vous cacherai pas que votre proposition m'est apparue fort singulière

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Les affûts fabriqués à la fonderie de Bovelles

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Ainsi, la mise à jour des manuscrits utilisés par Joséphine d'Hast et Jean-Baptiste Ravin de Courville pour la confection du Traité de la Singularité font remonter les premières esquisses de la « formule de l’automatisation » à 1769. De Courville semble avoir profité du contexte favorable aux expérimentations sur l'artillerie pour trouver un investisseur fiable en la personne du lieutenant général De Gribeauval, et ainsi permettre une première tentative d'application concrète de la formule. Les réussites et échecs des installations de Bovelles auraient largement contribué à la version plus raffinée de SCP-AUT-FR-α présente dans la première édition du Traité en 1779.

En 1774 s'achève la disgrâce de Gribeauval, qui délaisse peu à peu la fonderie de Bovelles, jusqu'à ce qu'il soit nommé premier inspecteur de l'artillerie en 1776, instant à partir duquel il se voit dans l'obligation de cesser sa coopération avec De Courville pour ne pas attirer l'attention sur la fonderie. Visiblement satisfait des résultats, ce dernier fait fermer la fonderie début 1777. Celle-ci est oubliée jusqu'en 1807, où une commission de la Singulière Académie Impériale est chargée d'enquêter sur le rôle qu'ont pu avoir ces installations et potentiellement les réhabiliter. Toutefois, les équipements anormaux et les documents critiques avaient déjà quitté les lieux, et la commission classa rapidement l'affaire sans suites.


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Une « chaudière singulière » restaurée dans le cadre du Protocole Résurrection Industrielle, dans le sous-sol du phalanstère

SCP-AUT-FR-β-2 se compose d’un unique phalanstère4 dont la construction a débuté en 1852 et s’est achevée en 1857. Celui-ci est composé de seize (16) blocs d'habitation carrés, organisés selon un plan hippodamien5 dont les deux avenues principales (orientées selon les axes Nord-Sud et Est-Ouest) séparent les quatre secteurs eux-mêmes composés de quatre blocs. Chaque bloc possède une cour en son centre dédiée à des potagers et des jardins collectifs. L'un des blocs possède un hôpital, un autre une école et un troisième un théâtre. Les appartements, conçus pour loger une famille de cinq personnes, possèdent l'eau courante, le chauffage individuel et de manière générale un degré de confort considérable pour l'époque. Le phalanstère peut en tout accueillir un peu moins de mille personnes.

Ce phalanstère est l'œuvre de Jean-Jacques Mortier, Gentilhomme architecte et urbaniste, disciple de Fourier, et d'Alphonse Lieutard, lui aussi Gentilhomme, mathématicien et physicien de la réalité célèbre pour avoir continué les travaux de Courville et complété la « formule de l'automatisation ». Face à un retour du bonapartisme en France culminant dans la proclamation du Second Empire en 1852, les deux hommes, ainsi qu'une dizaine d'autres Gentilshommes socialistes, se lancèrent dans la construction d'une communauté autonome dédiée à l'étude de l'anormalité, et ce indépendamment de la nouvelle Singulière Académie Impériale — qui, comme la précédente, avait une visée hégémonique sur l'anormal français. C'est Lieutard qui choisit l'emplacement, afin d'englober l'ancienne fonderie expérimentale et de bénéficier de la discrétion qu'offrait la campagne peu peuplée.

Alphonse Lieutard, Notes sur le phalanstère de Bovelles

[…] La construction avait débutée dès décembre 1852. Là, au cœur de la campagne picarde, s'ouvrait une fosse aux dimensions que la raison condamnerait, dont la profondeur atteignait par endroits les vingt mètres, et dans laquelle s'affairait toute une compagnie d'hommes et de femmes aux corps dévoués à la cause qui creusaient, piochaient et déblayaient des quantités toutes aussi déraisonnables de terre. Ces amas de terre étaient ensuite disposés en une petite muraille autour de la fosse, sur laquelle on planterait des arbres qui aideraient à dissimuler le phalanstère. De là où j'étais, je pouvais déjà, dans les reliefs que l'on donnait à la fosse, voir l'emplacement des chaudières singulières, des agrégateurs, apprécier le tracé des conduits et deviner tous les organes qui donneraient vie à notre communauté avant même qu'ils ne soient installés. […]

[…] Toute la machinerie est en place, la fosse s'est parée d'acier, de bronze et de cuivre, partout courent les tuyaux et les valves rouges. De cette flaque de métal jaillit tout le sublime de l'industrie, et nous n'en sommes encore qu'à mi-chemin : une fois au service de la communauté et affranchie de toutes ses exploitations et aliénations, l'usine achèvera une véritable transcendance du sublime. Pour l'instant se dressent les piliers qui soutiendront de futures voûtes de brique, permettant à leur tour d'enterrer l'usine sous le reste des terres excavées. Le phalanstère sera bâti là-dessus. […] Dans peu de temps, les chaudières seront allumées pour mettre en branle la machinerie. Peu à peu, les agrégateurs modifieront la réalité au-dessus de l'usine, et les voûtes se formeront d'elles-mêmes à travers les ponts singuliers locaux. Phénomène étrange que de voir se construire des structures grâce à une matière semblant surgir de l'air lui-même, coagulant peu à peu pour composer des briques toutes aussi réelles que les arbres autour de moi, que la terre sur laquelle je marche ou que l'air que je respire, sans l'ombre d'une intervention humaine. Pas même James Watt n'a dû ressentir pareil frisson en fabriquant la machine à vapeur que moi face à ce chantier : cette révolution-là se veut la plus radicale de toutes et la moins violente. L'automatisme Particulier changera la face du travail humain pour les siècles à venir et libérera l'ouvrier de tous les poids qui lui font courber l'échine. […]

[…] Là, étrangement, malgré toute la familiarité qu'avait acquise la Particularité auprès de moi, le processus me paraissait irréel. Le phalanstère avait l'allure d'un mirage, on le croyait fait de brouillard ; en équilibre entre plusieurs réalités, il ne semblait pas pouvoir vaincre son indécision, ne pas pouvoir devenir tout à fait réel. Pourtant, l'automatisme était à l'oeuvre, les machines fonctionnaient depuis un an déjà et ne comptaient pas s'arrêter. Sans le moindre maçon ou charpentier, les bâtiments devenaient chaque jour un peu plus opaques, la pierre pour l'instant encore translucide gagnait en fermeté et en assurance. C'étaient encore quelques années qu'il faudrait à la fabuleuse machinerie pour bien stabiliser l'ensemble dans notre réalité et achever les dernières installations, mais la silhouette fantomatique des bâtiments, telle les premiers mots d'un nouveau-né miraculeux, nous faisait oublier l'échéance. […] Je ne peux m'empêcher de penser à la fin du chantier : quand le phalanstère sera terminé et ne s'accaparera plus toutes les machines de notre usine, à quoi les dédierons-nous ? Notre industrie Particulière peut tout automatiser, nous possédons la machine-outil la plus puissante qu'ait connue l'histoire mais n'avons pas planifié son utilisation ; je n'ai pas peur : seuls les malheureux verraient là-dedans une menace, au contraire, je ne peux que difficilement contenir mon enthousiasme, mais seulement, notre imagination sera-t-elle à la hauteur de notre création ?

Sous toute la superficie du phalanstère s'étend une usine souterraine composée d'une machinerie anormale extrêmement complexe. Après comparaison avec les notes de De Courville sur son laboratoire, il s'est avéré que cette usine ne faisait qu'en reprendre les principes, bien qu'appliqués à une échelle considérablement plus importante. Celle-ci est également adaptée aux corrections et ajouts qu'a pu apporter Alphonse Lieutard à l'expression originale de SCP-AUT-FR-α. L'énergie de l'usine est fournie par dix « chaudières singulières », qui alimentent une version sensiblement améliorée des Agrégateurs de Lavoisier (voir … annexe A). Cette technologie a permis de « construire » la totalité des structures de surface du phalanstère de manière anormale. Toutefois, la puissance générée par l'usine s'est révélée insuffisante pour effectuer des modifications de la réalité à grande échelle (voir les Expérimentations sur le Réel de Lieutard).

Une fois achevé, le phalanstère est vite devenu un refuge — temporaire ou non — pour tous les opposants au régime autoritaire de Napoléon III, et en particulier ceux traqués par la nouvelle Singulière Académie Impériale, et a donc accueilli un grand nombre d'individus anormaux, de socialistes et [DONNÉES SUPPRIMÉES]. L'automatisation des principales fonctions de production par la machinerie anormale du phalanstère permettait à ses occupants de jouir d'une grande quantité de temps libre. Cette caractéristique couplée à la grande diversité des individus qu'il abritait en fit une source importante de création intellectuelle et un haut-lieu du monde anormal sous le Second Empire6.

Les Annales du Phalanstère de Bovelles décrivent une société où le travail, également réparti entre les habitants selon leurs capacités, n'occupait que quatre heures par jours, principalement dédié aux potagers et aux jardins — qui assuraient l'autosuffisance alimentaire — et à l'entretien de l'usine. Le reste du temps était occupé par du loisir studieux (philosophie, débats politiques…) et artistique (musique, théâtre…). L'artisanat était aussi fortement valorisé, et des ateliers servant à transmettre les savoirs-faire individuels se distinguèrent peu à peu pour la qualité de leur production, notamment joaillière7. Le Phalanstère donna ainsi naissance à une génération d'ouvriers « intellectualisés » et fortement politisés que Jean-Jacques Mortier voyait comme la première étape vers « l'Homme Meilleur ». Beaucoup d'entre eux retournaient régulièrement dans leur région d'origine afin d'y « conscientiser » les travailleurs, ce qui donna naissance à quelques vagues de contestation ouvrière ponctuelles, mais leur faible nombre rendit impossible toute influence à grande échelle.

L'avancée des troupes prussiennes lors de la guerre de 1870 poussa les habitants à saboter toutes les composantes anormales du phalanstère. Celui-ci fut évacué peu de temps avant d'être investi par l'envahisseur, qui le pilla quasi-intégralement. La fin de la guerre en 1871 laissa Jean-Jacques Mortier constater l'étendue des dégâts, et celui-ci se suicida peu de temps après, anéanti par la perte de ce qu'il considérait comme son chef-d'oeuvre. Bien que toujours dissimulées par ceux-ci, les installations de Bovelles ne sont plus investies par les Gentilshommes Humanistes avant 1918.


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Une partie de l'usine de SCP-AUT-FR-β-3

SCP-AUT-FR-β-3 est un ensemble d'extensions du phalanstère de 1857 bâties à partir de 1922. Les premières se composent de trois nouveaux blocs résidentiels ajoutés sur le côté est du phalanstère en suivant le plan orthogonal. Ces blocs sont aménagés en respectant l'architecture originale de l'ensemble tout en intégrant des éléments rappelant l'Art Nouveau. En plus des cours carrées en leurs centres, des tentatives d'aménagement de jardins sur les toits ont visiblement été effectuées. Leurs appartements sont étudiés pour loger quatre personnes et sont équipés du gaz, de l'eau courante et de l'électricité. La seconde extension est une large usine bâtie à l'ouest du phalanstère, en surface, à proximité de l'ancienne fonderie de canons. Sa superficie est moindre que celle de l'usine souterraine originale, mais sa machinerie s'avère plus complexe et semble avoir bénéficié des progrès technologiques effectués jusque-là. Ce nouvel ensemble de production se montre capable d'appliquer SCP-AUT-FR-α de manière industrielle.

En 1918, le regain d'intérêt pour les installations de Bovelles et notamment ce qu'avait été le phalanstère en son temps s'explique par un rejet global de la société lié à la Première Guerre Mondiale. La quasi-totalité des Gentilshommes de l'époque ayant été impliqués dans le versant anormal de la guerre, une fraction de leurs plus jeunes représentants souhaita exorciser radicalement les horreurs auxquelles ils avaient assisté et œuvrer plus directement pour l'avènement de l'« Homme Meilleur ». Ce courant d'inspiration anarchiste s'est donc lancé dans la poursuite de l'expérience de Bovelles.

Extraits du Manifeste de Bovelles

La guerre a détruit ce lieu, anéanti ses espoirs et tué ses créateurs, mais c'est aussi la guerre qui donnera l'impulsion nécessaire à sa reconstruction. Le Phalanstère de Bovelles fut par le passé un lieu de transit réputé dans toute l'Europe pour la douceur de sa vie, la délicatesse de sa table et la conversation de ses hôtes. Partout où s'étendait l'uniformisation par le fusil de la Singulière Académie Impériale et de la Fondation SCP, les Hommes Particuliers et les exilés se mettaient en quête du Phalanstère. Là, ils trouvaient des hommes et des femmes apaisés par le grésillement bienveillant de l'automatisme, une ville dont tous les habitants étaient le maire et des ouvriers qui ne saluaient ni bourgeois ni préfet. […]

Où sont les …, …. et Merleau8 lorsqu'il s'agit de guider l'humain autre part que sous le feu ennemi ? Où sont le Beau, le Bien et le Vrai dans les tranchées ? Où étaient les néo-Lumières pour éclairer le no-man's-land ? […]

[…] Nous nous établissons dans les ruines du phalanstère avec la promesse de ne pas nous arrêter là où nos prédécesseurs n'ont pas osé aller ; tout sera reconstruit, et agrandi. Nous n'obéirons qu'au plus humain des besoins, celui du « plus » et de l'expansion. Nous ferons nôtre le fabuleux potentiel de l'automatisme Particulier mais nous ne nous contenterons pas de ses dons d'architecte, il sera étendu partout et à tous les domaines de la vie des Hommes. Toute l'énergie mise dans la guerre et la mort sera, par notre impulsion radicale, redéployée au service d'une société dans laquelle le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous.

Ainsi, en 1919, ce mouvement s'est officiellement détaché des Gentilshommes Humanistes. Composés de quelques dizaines de membres, les « Gentilshommes de Bovelles » se sont efforcés de réparer les installations déjà existantes, considérablement ralentis par leur manque de moyens. Ce n'est que vers le début de l'année 1921 que leur organisation a commencé à s'agrandir, en gagnant peu à peu une réputation dans le milieu anormal. En 1922, le succès de la rénovation de l'ancienne usine anormale leur permet d'accélérer sensiblement leur entreprise, et dans le même temps de rassembler de plus en plus d'acteurs de la scène anormale autour de leur projet, leur organisation connaissant une croissance rapide à partir de cet instant. La machinerie anormale est alors utilisée pour reconstruire les installations de surface mais également pour bâtir les extensions précédemment mentionnées. Vers 1925, ces travaux sont achevés et permettent d'accueillir une population désormais importante. La nouvelle usine anormale, plus performante, est alors entièrement dédiée à de nouveaux travaux d'une ampleur toute nouvelle.


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Une des entrées de l'opéra de SCP-AUT-FR-β-4

SCP-AUT-FR-β-4 est une ancienne ville souterraine dont la construction a débuté à partir du milieu des années 1920. Celle-ci s'étendait sur une surface de dix-sept hectares (17 Ha) et comprenait différents niveaux entre vingt et cinquante mètres de profondeur (20 - 50 m). Ses bâtiments sont construits selon de nombreux styles hétéroclites (principalement les styles néo-baroque, Art Nouveau, Art Déco et brutaliste). La ville semble avoir accueilli à son apogée plus de [DONNÉES SUPPRIMÉES] habitants. Les niveaux les plus proches de la surface accueillaient des logements, tandis que le niveau le plus profond semblait abriter une nouvelle usine anormale, semblable à celle de SCP-AUT-FR-β-3 bien que plus sophistiquée. Celle-ci permettait d'automatiser la quasi-totalité des fonctions de production de la ville.

Le projet de ville souterraine semble avoir émergé chez les « Gentilshommes de Bovelles » peu après la fin des travaux de SCP-AUT-FR-β-3. En effet, ceux-ci se sentaient menacés par … et la Fondation de l'époque, et ont donc cherché à s'en isoler. Les travaux du premier niveau de la ville souterraine furent ainsi achevés dès 1927 grâce à la nouvelle usine et la plupart des installations de surface furent délaissées. La ville semble avoir été en expansion constante jusque dans les années 1980 grâce à une automatisation toujours plus efficace. Toutefois, l'historique précis de sa construction n'a pas encore pu être retracé. Les « Gentilshommes de Bovelles » sont rapidement parvenus à faire oublier les installations et ont donc pu s'isoler complètement du reste du monde. La vie au sein de SCP-AUT-FR-β-4 semble avoir été radicalement différente de la vie à la surface.

Addendum AUT-FR-1 : Compte-rendu de la découverte initiale

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Deux agents d'intervention tactique (à droite) à l'intérieur de SCP-AUT-FR-β-4 lors de l'Opération « Normalisation »

Les installations de Bovelles ont été découvertes par la Fondation en février 1984, à la suite d'une longue enquête historique liée aux Gentilshommes Humanistes. Toutefois, l'installation d'un poste de recherche avancé sur le site fut empêché par de nombreuses « attaques » sous forme de manipulations de la réalité. Une opération visant à prendre le contrôle des installations malgré ces attaques fut lancée le 19 février, mais, le 22, trois agents de la Fondation trouvèrent la mort dans une action volontairement hostile de la part d'un individu identifié comme habitant de SCP-AUT-FR-β-4. Le 24 février fut décidé de créer une nouvelle opération, « Normalisation », cette fois-ci placée sous le commandement du Superviseur O5-4 de l'époque. Disposant de moyens très conséquents, l'opération permit de prendre le contrôle des installations de surface le 15 avril 1984. A partir de cette date s'engagea une résistance directe et violente des habitants de SCP-AUT-FR-β-4 face à l'opération. Les installations souterraines ne furent atteintes qu'en juin, après des combats intenses et des pertes des deux côtés. Pour un compte-rendu détaillé de l'Opération « Normalisation », consultez [DONNÉES SUPPRIMÉES].

Addendum AUT-FR-2 : Rapport d'activité du Comité d'Éthique

Addendum AUT-FR-3 : Transcriptions de courriels entre MM. Damet et Collins

Addendum AUT-FR-4 : Notification du Commandement O5

NOTIFICATION O5
- Opération Normalisation -
02/07/1984

Suite à l'incident du 01/07/1984 ayant coûté la vie à un Observateur du Comité d'Éthique et à deux agents d'intervention tactique, le Conseil O5 a :

  • effectué un vote de confiance en faveur du Superviseur O5-4

A huit (8) voix contre (4), ce vote confère au Superviseur O5-4 :

  • la responsabilité totale de l'Opération Normalisation
  • l'annulation du devoir de transparence pour la durée de l'opération susnommée
  • la gestion du personnel affecté à l'opération susnommée

Le Conseil O5 vous prie de prendre connaissance de cette notification et de son contenu dans les plus brefs délais.

Addendum AUT-FR-5 : Transcription d'un courriel de M. Hugues Collins

Addendum AUT-FR-6 : Extraits de discours devant le Comité d'Éthique

Addendum AUT-FR-7 : Notification du Commandement O5

NOTIFICATION O5
- Opération Normalisation -
../../1984

Le Conseil O5 vous prie de prendre connaissance de cette notification et de son contenu dans les plus brefs délais.

Addendum AUT-FR-8 : Données relatives au personnel ayant pris part à l'Opération « Normalisation »

Addendum AUT-FR-9 : Données relatives à O5-4

Addendum AUT-FR-10 : Transcription de la fin du discours d'O5-3

Le Protocole Résurrection Industrielle, mis en place à partir de 1994, vise à comprendre le fonctionnement des machines permettant d'appliquer SCP-AUT-FR-α, afin de restaurer les capacités industrielles des installations de Bovelles.

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