Le Foutoir du Dr. Topy

SCP-096 a brisé son confinement
Procédure de récupération en cours…

Vigenère, César, tous cachent la vérité. Conway et Saint-Pierre auraient été fiers d'eux à la première étape.

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Topy ! Rangez moi un peu ce bord** !

- Directeur Garett

- Ah si si, je te jure, je t'ai bien rendu tes 50 balles !
- Écoute Holt, j'ai peut-être la mémoire qui flanche, mais tu me feras pas avaler des conneries pareilles !

Un ricanement du gamin se fit entendre.

- Eh ben écoute, va voir tes relevés bancaires, tu verras bien.
- Mouais. Bon dans le doute j'irai voir. Si j'y pense !… Allez, j'ai du boulot.

Topignac avala ce qui était sa troisième tasse de café depuis le début de la pause déjeuner, salua ses compagnons de table et se dirigea vers son bureau.

Encore cinq longues heures à travailler avant de pouvoir rentrer dans son appart - ou glander dans son bureau - Hugo était fatigué rien qu'à l'idée d'y penser. Il ouvrit mollement la porte en métal portant l'inscription "Dr. Topignac", la referma, puis s'affala sur une chaise de bureau peu confortable, apprêtée à un meuble bancal en guise de bureau. Son ordinateur était allumé, montrant un fichier présentant des résultats d'analyses de fungi. Rien de bien palpitant.

Il ouvrit une page internet en navigation privée afin d'accéder au site de sa banque. Il entra ses identifiants, et parcouru les transactions effectuées afin de retrouver celle de son collègue qu'il pensait malhonnête.

"Hum. Rien." fit-il après avoir vaguement regardé les opérations bancaires les plus récentes. "Bon après, c'est p't'être un type bien, il l'a peut-être fait avant." se dit-il, en sachant parfaitement qu'il était là bien crédule.

Il parcouru alors ses données bancaires à la recherche des 50 balles perdues. Il en profita aussi pour lire les différentes transactions et vérifier l'état de son compte qui se portait étonnamment bien. Il n'avait pas l'habitude de fouiller dans ses opérations bancaires.

"Ah, c'est vrai, la Fondation." soupira-t-il, lorsqu'il compris que manifestement, son boulot chiant comme la pluie lui rapportait quand même pas mal. Il s'amusa de ne voir aucun retrait pour l'électricité, le gaz, l'eau, le loyer : tout était prit en charge par la Fondation. "Comme quand j'étais gosse." si seulement il se souvenait aussi clairement de son enfance que de son repas de midi.

"J'ai mangé quoi ce midi ?", Hugo regarda sa montre. Il constata qu'il n'avait pas de montre, ses yeux se tournèrent alors vers son écran qui indiquait 13h47. "Ah oui, c'est vrai, des frites, comme tous les midis." marmonna-t-il.

Le temps que le chercheur se souvienne ce qu'il était en train de faire, sa main avait déjà scrollé si bas sur la page internet qu'il retrouvait des opérations bancaires vieilles de plus d'un an. "Putain, si on prenait toutes les dépenses cumulées, et qu'on me les donnait, j'aurais un paquet de fric.", juste le temps de se rendre compte de sa remarque stupide et d'en rire, le jeune chimiste constata une opération d'1 euro, un versement en fait, qui datait du 18 décembre 2016.

"Attends, mais c'est complètement con, pourquoi quelqu'un me filerait 1 euro par la banque ? Genre, j'ai payé un café à quelqu'un un jour ou bien ? Sûrement pas Holt…"

Il déplaça son regard vers la gauche pour examiner la raison de l'opération - souvent générée automatiquement, dans un langage cryptique - qui lui permettrait de comprendre d'où venait cette transaction incongrue. Il lu difficilement, par la taille de la police d'écriture :

VIR. DECES MME TOPIGNAC | Montant : 1 €

"J'ai mangé quoi ce midi ?"

Le jeune chimiste en blouse blanche relu une deuxième fois la cause avant de comprendre ce que n'importe qui aurait su déduire en une demi-seconde. Il s'agissait là d'un héritage de sa mère, décédée un an auparavant.

"Ma mère est morte ?"

Le jeune chimiste lu une troisième fois.

Puis, une vague d'une émotion inhabituelle s'empara de lui ; un mix entre de la colère et de la tristesse.

"MA MÈRE EST MORTE ?!" s'écria-t-il, envoyant valser sa chaise de bureau qui percuta violemment le mur.

"Mais c'est pas possible ! J'aurais été au courant, et… Pourquoi d'abord ? C'était qui ? Je-…"

Quelques flashes de souvenirs douloureux de son enfance lui revinrent, des choses qu'il aurait préférer oublier, des choses qui auraient détruit les esprits simples, et auraient transformé les robustes en véritable folie pure.

"Pourquoi oublier ? Comment oublier ?!", l'incompréhension pouvait être lue sur son visage, par personne, bien évidemment. La réalisation fut encore plus soudaine après quelques secondes de réflexion.

"Ma vie misérable… Ici comme ailleurs… Avant comme maintenant…"

Le chercheur qui chancelait depuis le début trébucha sur la chaise de bureau, et atterit sur le matelas qui lui servait régulièrement de lit d'appoint.

"Pourquoi… Oublier ? Comment oublier ?!"

Soudain, la main du chimiste toucha la poche de sa blouse, qui renfermait une boite de carton. C'est en sanglot qu'il attrapa cette boite de carton salvatrice. Il détacha un précieux cachet, et l'avala, et ce fut dans une salive teintée d'une amertume morbide que ses souvenirs s'en allaient, à la manière de se cachet, dans ses entrailles, pour ne jamais en revenir.

Le jeune chercheur, sous le choc, était à moitié couché sur son matelas. Il fixa le plafond, toujours aussi choqué, avant de s'endormir, lui-même ne sachant pas pourquoi, et n'ayant pas le temps de se demander pourquoi. La seule personne pour qui il ait jamais compté était morte un an auparavant, et il n'était pas au courant, jusqu'au jour où il oublia une fois de plus.


- Bon, Holt, arrête tes conneries et va lui dire que tu lui a pas rendu ses 50 balles ! Tu le connais, il va chercher pendant 15 ans, puis il va oublier ce qu'il cherchait !

- Boh ! T'inquiètes Ben' ! c'est marrant, et puis, il sait qu'on l'aime bien !

- Bon, viens, on va le chercher dans son bureau !

Benji attrapa le bras du gamin en blouse pour le tirer dans le bureau du Dr. Topignac. Devant la porte de métal, l'androïde frappa, n'obtenant aucune réponse.

- On entre ? demanda-t-il.

- Je suppose que oui. répondit le gosse.

Benji ouvrit la porte, pour découvrir un spectacle macabre. Il s'écria alors :

- Tu vois Holt ! tes conneries où ça nous a amené !… Putain.

Le jeune albinos aperçu l'écran d'ordinateur allumé, sur lequel était surligné un virement bancaire.

VIR. DECES MME TOPIGNAC | Montant : 1€

Il rétorqua alors à l'androïde, d'un air inhabituellement sérieux :

- Mes conneries n'ont amené nulle part, ça fait des années qu'il fait ça, et il arrive toujours pas à oublier.

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